Nathalie André (Eurovision 2016, Directrice des divertissements France 2) : « Je ne suis pas sûre que le public soit forcément le mieux placé pour choisir le représentant français »

Publié le jeudi 12 mai 2016 à 17:27
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Nathalie André (Eurovision 2016, Directrice des divertissements France 2) : « Je ne suis pas sûre que le public soit forcément le mieux placé pour choisir le représentant français »
©Anna Velikova (EBU) 

Benjamin Lopes : L’Eurovision est un grand barnum avec un budget qui dépasse les 20 millions d’euros. France 2 a-t-elle son mot à dire sur le résultat final ?

Nathalie André : La France fait partie du « Big five » et on donne de l’argent comme tous les pays à l’UER. Au final, le système veut que l’Eurovision nous revienne exactement au montant d’un prime time sur France 2. Dans le détail, une partie revient à l’UER et une autre nous sert à emmener les journalistes sur place, au stylisme et à toute la promotion. Sur le résultat final, on ne sait rien. La seule chose que l’on a la possibilité de faire c’est de choisir notre mise en scène qui est validée par les producteurs du show. Aucun pays n’a le droit d’intervenir dans le conducteur.

L’engouement semble augmenter en France autour de l’Eurovision alors que le succès de cet évènement est considérable en Europe. Ressentez-vous la montée en puissance de votre côté ?

La montée en puissance vient aussi du fait que l’année dernière on a remué ciel et terre pour faire connaître l’émission et que ce n’était pas ringard, au contraire. Ça a, du coup, un impact sur cette année avec un dispositif encore amélioré.

Pourquoi l’image ringarde de l’Eurovision persiste-t-elle en France selon vous ?

Pour avoir vécu ce que j’ai vécu à Vienne l’année dernière, ça dépend aussi du pays organisateur et du producteur. Ce qui a été fait au niveau du design et de la mise en scène en 2015 était tellement incroyable. On a l’image de cette vieille Eurovision peut-être parce qu’il y a eu des pays où la mise en scène était un peu pauvre, avec un pauvre fond, une pauvre lumière et une réalisation qui laissait à désirer. Je crois également que Conchita Wurst a changé beaucoup de choses.

La stratégie de vos prédécesseurs peut-elle aussi expliquer de désaveux durant de nombreuses années ?

On ressent déjà un engouement à l’étranger et des fans de l’Eurovision. Il y a une vraie mobilisation de la chaîne. Le 13 heures et le 20 heures de France 2 sont mobilisés, les bandes-annonces et le choix de France Télévisions de diffuser les deux demi-finales sont également des preuves. C’est un peu le fruit de tout le travail qu’on a fait auparavant. Je ne sais pas comment cela se passait sur France 3. La personne qui s’en chargeait était peut-être un peu seule et que les précédents dirigeants n’étaient pas au taquet sur la cérémonie. J’avoue que l’on s’est vraiment bougé pour que ça devienne ce que c’est aujourd’hui.

Êtes-vous limité pour la prestation de la France lors de la finale de l’Eurovision ?

Il ne peut pas y avoir plus de six personnages sur scène par exemple. Au niveau des budgets, c’est sûr que la France n’a pas le même que la Russie par exemple. On voit bien qu’il n’y a pas de limitation à ce niveau-là pour eux. De mon côté, je n’ai pas 50 000 euros pour faire la mise en scène. On est juste limité dans le budget global, car il correspond à celui de la chaîne, comme pour une émission de Patrick Sébastien ou un prime time du Grand Show. Aujourd’hui, c’est plus facile de faire les mises en scène avec l’image.

« On s’est vraiment bougé pour que l’Eurovision devienne ce qu’elle est aujourd’hui »

Avez-vous eu des contacts avec des chaînes européennes pour analyser le succès de l’Eurovision ailleurs ?

Je pense tout simplement qu’ils y croient, ce qui est le cas de France Télévisions cette année. Il y a beaucoup de choses que le service public est obligé de diffuser… Aujourd’hui, tout le groupe nous soutient. On a en effet en parallèle regardé ce qu’il se faisait ailleurs avec une fête immense dans une ville du pays le soir de l’Eurovision par exemple. Ce n’est pas encore le cas à Paris...

Miser sur un ancien candidat de The Voice sur TF1 a-t-il pu être compliqué au départ pour le service public ?

Ça n’a rien à voir. Je déteste la guerre des chaînes. Aujourd’hui, la plupart des artistes passent par ce type d’émission. Tout à coup, ils ont une visibilité et ça devient de plus en plus dur de percer. Ni Delphine Ernotte (P.D.G. de France Télévisions), ni Vincent Meslet (Directeur de France 2) n’ont montré une opposition et je les remercie. Dans le cas contraire, il n’y aurait jamais eu Louane ou Kendji aux Victoires de la musique. Amir est avant tout un artiste.

Le modèle de sélection est différent selon les pays. Peut-on imaginer un retour au vote du public pour la sélection du candidat qui représente la France ?

Je ne suis pas sûre que le public soit forcément le mieux placé. Chacun a son métier. Ça fait 32 ans que je dois connaitre les tendances, entendre un titre et savoir que ça va être un tube. Tant que la France ne prendra pas l’Eurovision comme évènement en tant que tel, ça sera compliqué de le faire. Je l’ai déjà fait sur France 3 avec ma société à une époque.

La France pourrait-elle organiser l’Eurovision ?

Tout à fait et c’est obligatoire de savoir où on le ferait. Tous les pays participent financièrement et il n’y aucune raison qui empêcherait la France d’organiser l’Eurovision. On a les réalisateurs, les chefs opérateurs et les lieux. Ça peut être partout en France. On est obligé d’y réfléchir lors de notre participation.

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