New Girl : une saison 1 avec la fille qui fait la différence

samedi 16 février 2013 à 18:02 |
TWENTIETH CENTURY FOX

La première saison de New Girl, créée par Elizabeth Meriwether, dont l’intégral est disponible depuis le 23 janvier, ne révolutionnera pas le genre des sitcoms américaines, mais apporte incontestablement un vent de fraîcheur par son casting. Diffusée sur TF6, attendue sur M6, New Girl a droit à une 3e saison outre-Atlantique. La série a par ailleurs reçu deux nominations aux Golden Globes 2012 dans les catégories « meilleure série de télévision de comédie ou de comédie musicale » et « meilleure actrice dans une série télévisée comique ou musicale » pour Zooey Deschanel. Ce nouveau-né a d’emblée attiré des guests tels que Justin Long, présent à plusieurs reprises dans la première saison ainsi que Jamie-Lee Curtis intervenant dans la seconde.

Le ton de la série est donné dès la deuxième scène du premier épisode : Jessica Day entame un petit numéro sexy pour pimenter sa vie de couple. Elle débute par un jeu de rôle - Elle se renomme Rebecca Johnson puis plus osément Tiger Boobs - se retrouve nue, chantonnant et entonnant une sulfureuse danse sous les yeux ébahis de son petit ami en caleçon. Manque de chance, une autre femme presque aussi finement vêtue sort de la chambre du Don Juan.

De là débute sa rencontre avec 3 garçons célibataires, dépositaires d’une annonce sur internet au sujet d’une colocation, à qui elle raconte ses mésaventures. Winston est un sportif mis sur la touche après deux ans de basket en Lettonie, Nick a abandonné ses études de droits et sort d’une indélébile relation de couple, tandis que Schmidt semble être jaloux de son propre physique. Trois caractères différents et stéréotypés pour escorter l’enthousiasmante petite sœur d’Emily Deschanel - incarnant Temperance Brennan dans Bones. Après 5 minutes de réflexion intensive, les garçons pèsent le pour - Les filles sentent bon, « elles savent plier le linge » - et le contre - les femmes sont lunatiques. Un attrait facilite le choix : Cecelia Meyers alias Cece, la meilleure amie mannequin de Jess. Elle se trouve dévorée par six yeux boulimiques dans l’une des scènes où elle patiente au salon.

On retrouvera donc dans cette colocation vaudevillesque des ingrédients déjà expérimentés pour ce genre de série : Humour franchement décomplexé, galipettes, situations loufoques, flashbacks à la Scrubs.

Une spécificité change toutefois la donne, à savoir, Zooey Deschanel - auréolée par le prix des Critics Choice Television Awards en 2012 dans la « catégorie de la meilleure actrice dans une série comique ou musicale ». L’intrigue gravite autour d’elle. Sa personnalité attache et sa maladresse subjugue. Les gags de situation qui la mettent en scène sont nombreux (Cecilia la retrouve à terre après une chute de ses talons dont elle n’a pu se relever seule). Elle agit par instinct et n’a pas peur du ridicule - étant capable de danser subitement, sans raison dans un bar bondé. Les 3 garçons agissent comme son mentor envers elle pour ne pas la voir perdue dans l’immensité de la vie adulte.

En clair, on fait du nouveau avec du vieux, mais la formule fonctionne. Les situations basiques sont habilement magnifiées par les mimiques, attitudes et prestations inattendues des acteurs. Les situations potaches - quand Jessica pleure ou sautille partout - sont surélevées par les réactions adéquates des trois jeunes hommes.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis Friends, succès planétaire, de David Crane et Marta Kauffman en 1994, où une bande de voisins, puis d’amis de pallier, palliaient à des situations de faux-semblant, d’hypocrisie, de lâcheté. Quant à The Big Bang Theory, elle emprunte la veine de la cohabitation mixte avec la charmante Penny, qui déboussole une bande de Geeks assoiffés de prouesses technologiques. Dans New Girl - Chiks and Dicks de son prénom originel - les trois garçons ont les intérêts liés à leur classe sociale - historiettes de cœur, problèmes financiers, télé-bière - mais le jouent différemment qu’à l’accoutumée, en épaulant leur nouvelle arrivante.


Pour ce qui est des bonus DVD, on ne sort pas des sentiers battus. Le premier et le dernier épisode - « Trois gars, une fille et a la prochaine » - sont commentés en voix-off. Les producteurs délégués, Élisabeth Meriwether, Brett Baer, David Finkel, Jake Kasdan et Katherine Pope s’attèlent à la tâche du premier tandis que les quatre vedettes s’amarrent au second. Les détails scénaristiques ou le choix des protagonistes sont explicités - notamment celui de Coach apparu dans le pilote puis de Winston, qui fut laborieux.

Les « scènes inédites intégrales » n’excèdent pas trois minutes, mais permettent d’en savoir un peu plus, sur certains personnages secondaires comme Gina, supérieure de Schmidt. On peut aussi visionner la surprenante Jess mimant un bûcheron pour épicer les préliminaires avec son nouveau compagnon de jeu. .

En terme d’originalité, « De l’importance d’être un bon coup », développé par Zooey Deschanel, Jake Johnson, Max Greenfield et Larmorne Morris, les quatre acteurs, commente des séances de tournage où il est question d’érotisme, de virilité ou de lingerie. Les scènes sont cocasses - par exemple lorsque Jessica se prépare mentalement à avoir un rapport et qu’après l’acte abrégé, elle s’excuse platement. Elle demande aussi des conseils aux trois lurons pour être sexuellement performante. L’ironie réside dans le manque de savoir-faire des trois primitifs - Winston crie sur les filles pour leur parler, Nick complexe sur sa virilité et peine à conclure, Schmidt déborde d’une confiance trop prononcée.

Un autre bonus intitulé « Le vestiaire de Jess » et présenté par Zooey Deschanel en personne accompagnée par Debra McGuire, fait un tour d’horizon des costumes que porte l’égérie. Ce supplément est semble-t-il exclusivement destiné à faire plaisir à la gente féminine. La pluralité des tenues plus excentriques les unes que les autres font partie intégrante de la psychologie du personnage de Jessica très à l’aise dans son pyjama à cœurs ou sa salopette, mais déstabilisée en robes et talons.

« Les auditions de Larmorne » confrontent, sans réel intérêt, les acteurs comme s’ils passaient une audition pour un rôle. Tandis que les évolutions des épisodes dévoilent entre autres l’élaboration des gags. Enfin, dans ce qu’il y a de plus commun, les blagues alternatives et le troublant bêtisier ont toute leur place.

En bref, rien de très pointu à se mettre sous la dent. Le contenu additionnel peut satisfaire les plus fervents adeptes des aventures de la trébuchante Jess mais ne bouleversera pas les curieux.

Mais qui peut ne pas tomber dans le piège tendu par l’actrice principale ? La sitcom revisitée et placée sous la tutelle d’une équipe dynamique tend à s’affirmer comme un prétendant du renouveau générique tant attendu. New Girl a de quoi s’extirper de la masse informe des séries avortées faute de comédienne charismatique.

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