Pierre Mondy

Légende du théâtre, du cinéma et de la télévision, Pierre Mondy demeure à coup sûr l’un des acteurs préférés des français. Du sergent-chef Chaudard de la 7e Compagnie au Commissaire Cordier qu’il a incarné pendant plus de dix ans, l’acteur se plie très volontiers au jeu de l’interview à l’occasion de la diffusion du Temps est à l’orage, une comédie familiale pour TF1. Retour, entre rire et émotion, sur un parcours riche et authentique, commenté par l’intéressé en personne...

Publié le lundi 25 mai 2009 à 13:15
par
Pierre Mondy
©TF1/DR 

Jérôme Roulet : Comment vous-êtes vous retrouvé dans la peau de Félix, héros de la fiction de TF1 Le temps est à l’orage ?

Pierre Mondy : Bernard Marié, qui a été pendant longtemps directeur de collection des Cordier, juge et Flic pour Telfrance (la société de production, ndlr), a songé faire une comédie à la fin de la série. Il a réfléchi sur trois sujets. Et Le temps est à l’orage a été retenu par TF1 car, je pense, que c’est une comédie générationnelle. On a une pyramide d’âges et de sentiments totalement différents les uns des autres.

Votre personnage, Félix, est un sacré numéro. Père un peu honteux et grand-père atypique...

Mon personnage a tout sauf le costume et le comportement d’un donneur de leçons. Il a abandonné son fils quand il était môme. Et il est accro au jeu. Et pourtant, il souhaiterait remettre de l’ordre dans la vie de son fils. Mais Félix a des rapports très élastiques avec son fils.

Le temps est à l’orage est-elle une comédie par excellence ?

Absolument ! On est dans des éléments de comédie classique. Le public connaît tout de la situation des personnages très rapidement. Il y avait aussi la volonté de mettre de la tendresse dans cette fiction, sans tomber dans la pleurnicherie du sentiment de culpabilité d’un homme qui a abandonné son môme. Et c’est à cette occasion qu’il peut aussi se racheter.

Vous semblez prendre plaisir à revenir à la comédie de temps en temps...

Malgré 14 ans de polar avec Cordier, j’insiste sur le fait que c’était du « divertissement policier », j’ai quand même une grosse connotation d’acteur et de metteur en scène de comédie. J’ai joué ou monté tous les grands Feydeau... Donc je reviens aux sources. D’ailleurs dans la foulée du Temps est à l’orage, mon vrai bonheur a été de tourner dans la dernière saison de Kaamelott. J’y incarnais César et je me suis régalé !

En tant qu’acteur aguerri aux comédies, êtes-vous du genre à distiller des conseils à la jeune génération avec laquelle vous tournez ?

En fait, je suis très « discipliné ». Ce qu’on me demande de faire, je le fais. S’il me vient une idée, pour un bout de dialogue, j’ai des réminiscences, qui ne sont pas obligatoirement de moi. J’ai même placé une réplique de mon ami Jean Poiret dans Le temps est à l’orage.

Allez-vous être attentif à l’audience réalisée par la fiction ?

Ça fait toujours plaisir de voir que le public suit. Ça serait idiot de dire le contraire ! Après il faut toujours voir ce qu’il y a en face. Et là, on a la série FBI. Ca marche mais il y a des lundis où TF1 a fait mieux ! Et puis on a Johnny Hallyday sur la 3...

Que ce soit avec Les Cordier ou dans des fictions unitaires, vous êtes quand même depuis abonné aux succès d’audience...

Avec Les Cordier, juge et flic, on faisait un championnat. Là, pour un unitaire, c’est la coupe. Vous passez ou vous sortez ! Une série, on a parfois du mal à s’installer, mais on peut fidéliser. On a vécu une époque bénie avec Les Cordier Juge et Flic, c’était épatant. Maintenant les unitaires, c’est différent. Avec La femme tranquille avec Line Renaud sur France 3, on a bien performé sur un sujet dramatique. Il y a quelques années avec Joseph, on avait obtenu 10.7 millions ! C’était énorme. Sur d’autres fictions où je m’étais bien amusé comme La visite pour France 2, on n’a pas performé, car c’était peut-être trop chronique, autour d’un événement plutôt que des situations de comédie.


En 1992, vous incarnez un héros qui va devenir récurrent dans Les Cordier, juge et flic. Que vous a apporté cette série phare avec le recul ?

Pour tout vous dire, l’année 92 a été assez redoutable pour moi. J’ai perdu en mars Jean Poiret, et en mai Jacqueline Maillan. J’ai 23 ans de vie fraternelle et professionnelle avec eux. On passait même nos vacances ensemble ! Et en juin, je fais le pilote des Cordier. Et c’est un succès d’audience. Mais vous ne pouvez pas imaginez-vous-même que vous alliez faire 61 épisodes jusqu’en 2003. C’est improbable ! Et puis, ce que m’ont apporté Les Cordier, c’est la « chance » de me retrouver avec un personnage à rendez-vous fixe par rapport au public, ce mot « chance » que je n’avais jamais employé depuis la disparition de Jean Poiret.

Après, vous avez joué en solo dans Commissaire Cordier...

Oui, une fois Les Cordier, Juge et Flic achevés, TF1 m’a proposé Commissaire Cordier. C’était une autre formule avec un invité à chaque épisode. Ca marchait aussi.

Et aujourd’hui, Cordier a-t-il définitivement pris sa retraite ?

Je le souhaitais vraiment. Pour tout vous dire, mon frère, qui avait dix ans de plus que moi, était vraiment Commissaire Divisionnaire chef du SRPJ. Donc je sais très bien à l’âge où il avait pris sa retraite. Et Roger Hanin (qui incarnait Navarro, ndlr) et moi-même, on avait largement dépassé ce chiffre (rires).

Les Cordier, juge et flic occupent désormais une large place dans votre carrière. Mais Cordier atteint-il la popularité de Chaudard de la 7e compagnie ?

Oh ça non ! Je pourrais être tous les commissaires du monde, cela ne remplacera jamais le sergent-chef Chaudard (rires). Aujourd’hui encore, des gens me font la nage de Chaudard en me croisant, d’autres me citent certains textes du film. Alors croyez-moi, les gens ne m’appellent pas du tout Commissaire Cordier mais Chaudard (rires).

Cela ne vous agace t-il pas avec le temps ?

Ah non surtout pas ! Il ne faut jamais cracher en l’air sur des trucs qui vous ont apporté du succès. Il faut être très lucide et très clair. Quand on a fait la 7e compagnie, on a jamais pensé que ca serait un tel succès et qu’on allait taper la timbale ! Suite au succès de la précédente rediffusion à la télévision, je me rappelle encore du SMS de TF1 qui me disait « Tu te rends compte 9 millions en plein mois d’août ! ».

Pour conclure avec le cinéma, comment vous êtes-vous retrouvé à doubler la voix d’Ugo Tognazzi dans La cage aux folles ?

Ils avaient eu une idée bizarre. Le producteur italien, je crois, souhaitait faire prendre à Ugo Tognazzi une voix avec un accent italien. Mon ami Pierre Santini l’a donc doublé en français avec l’accent italien. Et au final, ils ont vu que cela ne le faisait pas du tout. Du coup, Michel Serrault a dit à Edouard Molinaro (réalisateur du film, ndlr) : « Demande à Pierrot » Et croyez-moi, je l’ai fait tout seul, et ça n’a pas été évident du tout !

A part Le temps est à l’orage, avez-vous d’autres projets à la télévision ?

Au mois de juin, je vais tourner la fiction Vieille canaille pour TF1 avec Claude Brasseur, Daniel Russo et Linda Hardy. J’ai également fait un épisode de Mister Mocky présente (sur 13e rue, ndlr). Et un tournage avec Mocky, il faut vivre ça au moins une fois dans sa vie d’acteur ! C’est sportif, mais on s’est bien régalé !

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