Saïd Taghmaoui (Touch) : « Dans Lost, ils m’ont tué un peu n’importe comment ! »

Saïd Taghmaoui est devenu au fil de sa carrière un acteur polyvalent zigzagant entre le cinéma et les séries, en France puis aux États-Unis. Après une pléiade de rôles et des collaborations renommées, il se retrouve prêtre Jésuite dans Touch, série de Tim Kring avec Kiefer Sutherland. De passage à Paris, début septembre, l’acteur a rencontré Toutelatele.

Publié le vendredi 11 octobre 2013 à 19:08
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Saïd Taghmaoui (Touch) : « Dans Lost, ils m’ont tué un peu n’importe comment ! »
©Twentieth Century Fox 

Clément Gauthier : Comment vous a-t-on contacté pour tourner dans la saison 2 de la série Touch ?

Saïd Taghmaoui : Tim Kring, le créateur de Heroes, m’a passé un coup de téléphone, très naturellement, et m’a proposé le rôle, sans essai. C’était une offre de travail et j’ai dit « oui » tout de suite.

Savez-vous pourquoi Tim Kring a fait appel à vous ?

Il voulait quelqu’un capable de jouer un rôle de méchant, mais avec beaucoup plus de complexité. Quelqu’un capable de sublimer le rapport mystique à la religion. Et pas de le rendre méchant, mais plus compassionnel, en se disant « Tiens ce mec est bizarre. » Plus de contre-volonté dans le personnage comme on dit en dramaturgie.

Le thème de la série, régi par l’effet de cause à conséquence, vous a-t-il plu d’emblée ?

J’ai beaucoup aimé la cohérence et l’ambition de la série. D’un coup, il y avait une dimension intellectuelle, on n’était pas dans le pur « entertainment ». Il y avait une volonté d’essayer d’expliquer ce monde d’une autre manière. L’épaisseur intellectuelle est plus qu’intéressante. C’est très ambitieux et le fait de recevoir le scénario m’a rendu curieux.

Comment définiriez-vous Guillermo Ortiz, votre personnage dans Touch ?

C’est un prêtre Jésuite d’origine hispanique. Tout ce qu’il fait et va faire dans la série a un lien avec sa foi. Il est convaincu de le faire parce que Dieu lui a demandé et est complètement illuminé. Toutes ces actions dans la vie ont un lien direct avec Dieu. Il est convaincu qu’il a raison. C’est un peu comme les Croisées, à l’époque, qui partaient en guerre et étaient convaincues au nom de Dieu qu’il fallait récupérer telle ou telle terre. C’est exactement la même chose à une échelle différente.

« La télévision américaine est la plus grande école d’acting au monde »

Votre personnage a-t-il pour but de compliquer l’intrigue dans la saison 2 ?

Ça devient le principal méchant. Il court après Jake Bohm et Martin, le père, lui court après. Il fait partie des 36 personnages ayant des pouvoirs et ne s’intéresse qu’à eux.

Comment se déroule le tournage d’une telle série américaine ?

La télévision américaine n’a rien à avoir avec le cinéma américain. Le rythme est complètement différent, il y a une intensité de travail énorme, à 14 ou 15 heures par jour pendant six mois. On est déboussolé et physiquement, on en prend un gros coup. Il faut être prêt, mais, après, on est capable de tout faire. La télévision américaine est la plus grande école d’acting au monde. Émotionnellement ça fatigue énormément, car on tourne beaucoup et on change de séquences plusieurs fois par jour. C’est une espèce de machine de guerre ! À la fin de la saison, on met deux ou trois mois à s’en remettre. On passe par un concentré d’émotions et d’intensité physique...

Partie 2 > Lost, Touch, Homeland...


Préférez-vous ce mode de fonctionnement à celui de la télévision française ?

Ça dépend surtout de l’intensité du rôle. J’avais des choses à aller chercher très au fond de moi-même tout le temps ce qui m’a mis un peu plus en danger. J’essaie de jouer réaliste, et en même temps d’utiliser de vraies émotions personnelles pour donner vie et corps à ce personnage.

Le fait de jouer avec de grands acteurs comme Kiefer Sutherland et David Mazouz vous tire-t-il vers le haut ?

Comme au tennis, si on a un bon adversaire, on joue automatiquement mieux. La qualité tire toujours vers le haut avec des gens qui connaissent bien leur métier et aiment le partager. À chaque fois, on apprend quelque chose de nouveau. Mais on apprend autant d’un acteur comme Kiefer Sutherland que d’un jeune acteur comme David Mazouz qui a encore la fraicheur et la naïveté du débutant.

Avec quel autre personnage êtes-vous le plus lié dans la série ?

Avec Dieu, car il a un rapport direct et il lui parle beaucoup. C’est son collègue principal. Il est en mission, donc, il parle aux autres seulement pour faire aboutir sa mission. Ça reflète bien notre époque, d’intensité religieuse, de convictions, de pape qui démissionne, de miracles à Lourdes et de guerre en Syrie.

Aujourd’hui, souhaiteriez-vous faire émerger d’autres facettes de votre jeu d’acteur ?

Je suis arrivé à un stade de mon travail où j’essaie d’être le plus honnête possible. J’essaie de ne pas refaire la même chose tout le temps et de respecter mon métier, me respecter moi-même, et surtout le public. C’est pour ça qu’on ne me voit pas tant que ça, je fais de vrais choix et j’essaie d’être un vrai acteur.

Où en sont les pourparlers avec la production de Homeland ?

Je devrais jouer dans sept épisodes de la nouvelle saison. J’aime beaucoup la série et je suis très flatté qu’ils aient fait appel à moi. Je vais jouer un capitaine, pas vraiment gentil, mais dans un autre contexte et avec d’autres responsabilités. Entre un prêtre hispanique (dans Touch, ndlr), qui m’apporte une autre sensibilité, et un capitaine, il y a un monde.

« J’aime beaucoup Homeland et je suis très flatté qu’ils aient fait appel à moi »

Que retenez-vous de votre participation dans Lost ?

Un lieu de tournage exceptionnel, Hawaï, mes premières vagues de surf... C’était une belle aventure dans le sens où ça m’a aidé à construire mon identité d’acteur de télé américaine. Là encore, ils ont fait appel à moi sans essai en se basant sur mon travail de cinéma. Les productions américaines et studios américains pour le cinéma ou télé sont très disciplinés. On n’est pas dans le copinage, tout est méthodique et très professionnel. Un plateau est la réunion de toutes les expériences sans le côté familial qu’on trouve en Europe. Il est possible de travailler six mois ensemble sans être amis et c’est peut-être la meilleure façon de faire, car le travail prédomine. Chacun est là pour une raison précise, de ce qu’il est capable de faire. En tout cas, normalement, j’aurais dû faire la saison 6 de Lost entièrement. Je n’ai pas pu à cause du tournage de Conan (film de 2011, ndlr), et ils m’ont tué un peu n’importe comment ! Ce n’était ni très clair, ni très logique...

Où se situe désormais votre préférence entre série ou film ?

En fonction des opportunités et de l’air du temps. Il y a des rôles de télé qui sont extraordinaires. J’aurai adoré faire des séries comme The Wire, Les Soprano, Breaking Bad ou Entourages. Pour moi c’est de l’ordre du cinéma. Quand il y a de la qualité, le format n’est plus important.

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