samedi 21 septembre 2013 à 18:47 par

Cyrille de Lasteyrie : du Vinvinteur à Médias, le magazine

Il était l’an dernier aux commandes du Vinvinteur sur France 5. Cette saison, orphelin de son émission, il rejoint la troupe de Medias, le magazine et collabore toujours avec France Télévisions sur des projets. Ce passionné du petit écran et fidèle du Daily show de Jon Stewart revient pour Toutelatele sur l’évolution de la télévision et la place à l’innovation aujourd’hui

Cyrille de Lasteyrie : du Vinvinteur à Médias, le magazine
©N.Guyon / France 5 

Vous étiez l’an dernier commandes du Vinvinteur. L’émission était disponible sur Dailymotion avant sa diffusion télé : ce modèle a-t-il un avenir ?

Je ne sais pas si on peut parler d’avenir. Bientôt, les programmes seront disponibles sur tous les supports en même temps. Ça se joue souvent à une journée près avant qu’une émission ne soit disponible en streaming. Mais c’est anecdotique ; tout va changer très vite. France Télévisions se concentre d’ailleurs vraiment sur le digital. Et ils ont raison : il faut prendre de l’avance tout de suite. Je crois que la mise à disposition de la série House of cards via Netflix devrait être un modèle pour tout le monde.

Regrettez-vous la non-reconduction du Vinvinteur ?

Évidemment. On travaille avec France Télévisions sur une nouvelle écriture pour retrouver l’équipe et l’esprit du programme. On s’entend bien avec eux. On sait pourquoi ils ont mis un terme. De mon côté, je ne me voyais pas non plus repartir pour trente émissions en étant déguisé avec une caméra sur la tête.

Une version uniquement sur internet n’était-elle pas envisageable ?

L’émission ne coûtait pas cher pour de la télévision. Quand il s’agit uniquement de web, il faut une telle quantité de gens pour la mettre au point qu’il est impossible de la financer, du moins en France. La seule solution aurait été le financement par une grande marque...

Après avoir vécu outre-Atlantique, considérez-vous la comparaison entre le paysage audiovisuel américain et français comme douloureuse ?

Il y a plus douloureux, comme une visite chez le proctologue (rires). C’est juste l’éternel petit retard. Je crois qu’ici, il y a des gens qui comprennent vite : ils savent ce qu’il faut faire. Après, on y va doucement. J’ai l’impression que la version du Grand journal avec de Caunes est « à l’américaine ». Tout comme l’est également le Petit journal dans la façon de traiter l’actualité avec Yann Barthès.

L’access de Canal+ reste malgré tout dans une certaine continuité…

... Et je le regrette un peu. Il faut leur laisser le temps. C’était peut-être un peu trop dur et violent de proposer une rupture totale avec un nouveau décor et une nouvelle façon de parler. Quand on a un paquebot pareil, je comprends la décision d’y aller mollo. Mais je suis persuadé qu’ils vont y arriver, par petites touches.

« France Télévisions ne nous a jamais interdit quoi que ce soit »

Vous avez travaillé pour plusieurs supports : mobile, web et télévision. Finalement, bénéficier d’un petit budget exige beaucoup de créativité. L’exercice est-il plus stimulant que frustrant ?

Je crois qu’il y a beaucoup plus de stimulation, mais on aimerait que davantage de gens le voient et ainsi bénéficier de plus de moyens. Il faudrait trouver la motivation et la créativité présente sur le web pour le mettre en télé. Ce serait une première il me semble.

Quel est le projet qui vous a le plus stimulé à ce jour ?

Le Vinvinteur. Nous étions super libres et on a vraiment essayé d’inventer des choses. La chaîne ne nous a jamais interdit quoi que ce soit. On n’a peut-être pas déconné non plus. Une fois peut-être il a fallu flouter une marque que l’on voyait en arrière-plan.

Qu’a-t-il manqué au Vinvinteur pour être renouvelé ?

Il aurait fallu être un peu moins de partie fiction et plus de magazine. On n’a jamais eu d’objectif d’audience, mais on a toujours eu un socle de fidèles compris entre 150 et 230 000 personnes chaque dimanche. Ceux qui regardaient aimaient. Parfois on est six millions à regarder une merde, mais on la regarde quand même. Ce n’était pas toujours facile à suivre, surtout le dimanche à 20 heures. Il suffisait de partir 30 secondes pour éteindre l’eau des pâtes et c’était difficile de reprendre et comprendre. Il y avait une complexité un peu déroutante. Je comprends qu’à la fin, à l’heure des décisions et en pleine réduction budgétaire, une émission complexe puisse être fragilisée. S’il y avait eu une seconde saison, elle aurait été plus simple. Mais on va le retrouver. On va retravailler avec France Télévisions...

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