Au coeur du Mistral : dans les coulisses de Plus belle la vie

lundi 15 mai 2006 à 00:50 |
F3

Marseille, 8 heures. Les voyageurs qui débarquent à la Gare Saint-Charles rêvent de Canebière, de Vieux Port, de Notre-Dame de la Garde et de Vélodrome. Le temps de dévaler les marches de l’escalier monumental surplombant le boulevard d’Athènes, ils pourront découvrir un à un les charmes de la cité phocéenne. Tous sauf un : le quartier du Mistral. Et pour cause, il n’est que pure invention, né de l’imagination des scénaristes de Plus belle la vie, le feuilleton quotidien diffusé sur France 3.

Ce matin-là, je suis l’un des rares privilégiés à pousser la porte des studios du Pôle Média de la Belle de Mai. Pendant près de cinquante ans, ce bâtiment était une manufacture de tabac. Aujourd’hui, il abrite la production de Plus belle la vie, qui y occupe 3500 mètres carrés sur les 6000 disponibles. Dans les bureaux, tout le monde s’active déjà. Sur une table, un épais scénario, celui de la semaine suivante, promet bien des surprises. Je lève les yeux : sept chiffres, « 6 253 000 », trônent fièrement dans les airs pour rappeler à tous le record d’audience établi le 14 février dernier. Pas de temps néanmoins pour l’autosatisfaction : ce vendredi, il y a onze scènes à tourner pour terminer les cinq épisodes qui seront diffusés quatre semaines plus tard. Afin de gérer au mieux la présence des acteurs et l’installation des décors, les séquences ne sont pas enregistrées dans l’ordre chronolgique de diffusion.

Je redescends au rez-de-chaussée et découvre l’impressionnant barnum nécessaire à la vie du Mistral. Un vaste atelier abrite les machines et les décors en construction, ainsi que le car régie d’où les images sont numérisées puis envoyées à l’équipe de postproduction, deux étages plus haut. Je pousse la porte du plateau 1000 (baptisé ainsi à cause de sa superficie). J’ai l’impression de me retrouver au centre d’une petite place de village : je suis au coeur du quartier du Mistral. Il paraît endormi ; en réalité, il est désert. Aucune scène n’y est tournée aujourd’hui. L’illusion est parfaite : on peut y filmer à 360° et certains intérieurs, comme le bar, le magasin de Luna ou le hall de l’hôtel, donnent directement sur la place. Le producteur, Hubert Besson, est fier de ce décor grandeur nature : « Nous avons même la possibilité de recréer la luminosité de n’importe quelle heure du jour et de la nuit ! »

Il est 9 heures. Où sont donc les comédiens, arrivés pour certains dès 7 heures (coiffure et maquillage oblige !) ? On m’emmène sur le plateau 800. L’équipe s’est installée dans le loft de Vincent. Dans le couloir, je croise Ambroise Michel (Rudy) qui vient de tourner sa seule scène de la journée. La première séquence à peine en boîte, les répétitions de la deuxième commencent. Richard Guedj, le directeur d’acteurs (qui interprète également le rôle de Picmal), donne les dernières indications à Serge Dupire (Vincent), Hélène Médigue (Charlotte) et Aurélie Vaneck (Ninon). L’ambiance est studieuse, ce qui n’empêche nullement les francs moments de rigolade. Devant un café, Serge Dupire m’avoue : « Tout à l’heure, Aurélie, Ambroise et moi avons eu un fou rire. Ce n’est jamais bon car le tournage prend du retard, mais ça prouve que nous prenons beaucoup de plaisir à tourner ensemble. »


9 heures 15. La réalisatrice, Véronique Langlois, rappelle tout le monde. C’est elle qui a mis en scène les cinq épisodes de la semaine. Lundi prochain, un autre réalisateur, déjà à Marseille pour travailler le scénario et repérer les lieux de tournage (surtout les extérieurs), prendra sa place. Plus belle la vie est donc le fruit d’un brassage artistique : trois réalisateurs se relaient, tandis que l’équipe de réalisation (13 personnes pour la mise en scène, 7 personnes pour l’image, 6 pour le son) change toutes les deux à quatre semaines. Pour écrire le scénario et les dialogues de la série, 15 auteurs sont mobilisés et répartis en deux ateliers d’écriture. L’un d’entre eux est en permanence sur le tournage pour veiller au respect des textes.

Silence plateau. Moteur... Action ! Pour observer la prise, je longe successivement le salon des Marcy et le commissariat de police. Ce plateau, comme le 350, est en effet une juxtaposition de différents décors. Certains sont même montés et démontés selon les besoins de l’intrigue. La scène, qui dure un peu plus de soixante secondes, est tournée en trente-cinq minutes environ. En deux temps trois mouvements, les caméras sont déplacées dans le bureau du capitaine de police. Pierre Martot (Léo Castelli) entre en piste.

Je me rends dans les bureaux de la postproduction. Virginie, la responsable technique, me fait visiter les lieux. Elle m’explique que les images tournées la semaine précédente sont retravaillés dans cinq bureaux différents : montage, finishing (où Sébastien, le coordinateur artistique, donne son aval), mixage (retouches son et insertion des ambiances), étalonnage (harmonisation des images) et enfin réalisation des bandes-annonces et des résumés. Chaque étape doit être bouclée en une journée, faute de quoi c’est toute la livraison hebdomadaire qui serait retardée.

Ma visite du Mistral s’achève ici. Quelques heures dans un village où la course contre la montre est le sport de prédilection. Un mois plus tard, je découvre sur mon petit écran les images tournées en ma présence. Au même moment, les Mistraliens ont déjà essuyé nombre de rebondissements. Pour les téléspectateurs qui passent le début de soirée en leur compagnie, une chose est sûre : la vie est plus belle !

Rencontre avec le producteur de Plus Belle la Vie

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