Hubert Besson, producteur de Plus belle la vie

A la tête du département « série » de la société de production Telfrance, Hubert Besson est l’un des artisans de la naissance et du succès de Plus belle la vie. Dans les studios marseillais où sont tournés les épisodes, il a accepté de faire le point sur la fulgurante réussite de la série.

Publié le lundi 15 mai 2006 à 00:50
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Hubert Besson, producteur de Plus belle la vie
©C.Schousboe 

Sébastien Dias : Alors, comment ça va, la vie ?

Hubert Besson : La vie est plus belle chaque jour ! Les téléspectateurs sont fidèles et nombreux, bien au-delà de nos espérances. Nous sommes très satisfaits d’avoir réussi à rassembler plus de cinq millions et demi de Français à un horaire réputé difficile.

Sébastien Dias : Un tel pari était loin d’être gagné...

Hubert Besson : Il ne faut pas se mentir : la concurrence des journaux télévisés est indéniable mais l’information est aujourd’hui accessible partout et à tout moment. Quel est l’intérêt de la « grand messe » du 20 heures dans notre génération « tout info » ? France 3 a su être visionnaire.

Sébastien Dias : Les débuts ont toutefois été très difficiles...

Hubert Besson : Certes. Les études montrent qu’un nouveau programme entraîne une perte d’audience de l’ordre de 30 %. Au lancement de Plus belle la vie, les scores de la case ont même chuté de 45 % ! C’était dur à encaisser, mais je tiens à démentir les rumeurs qui disaient la série menacée. Nous avons redoublé de travail : les intrigues teintées de polar et l’entrée en scène du personnage de Luna ont marqué la nouvelle dynamique de la série.

Sébastien Dias : Et finalement, le triomphe de Plus belle la vie a étonné tout le monde !

Hubert Besson : Merci de le reconnaître ! Le feuilleton quotidien est ancré dans la tradition française depuis le XIXème siècle et les romans-feuilletons. Nous n’avons que moderniser et mis en image l’idée. Je crois que le succès de la série s’explique par deux paramètres : la vraisemblance, des situations et des décors, et la sincérité, vis-à-vis du public comme des personnages. Il était important pour nous de ne pas tomber dans les travers du soap opera nord-américain ou de la telenovela sud-américaine.

Sébastien Dias : Comment est née l’idée de Plus belle la vie ?

Hubert Besson : C’est France 3 qui en a eu l’initiative. Elle a commandé une étude de la programmation de nos voisins européens. Au vu du succès de Coronation street et Eastenders en Grande-Bretagne, il est très vite apparu que la meilleure alternative à l’information était la fiction. La chaîne a mis en compétition quinze producteurs. Au final, une centaine de projets ont été étudiés et cinq seulement ont été retenus. Plus belle la vie, qui s’appelait encore Mistral gagnant, était parmi eux. Nous avons retravaillé le dossier pendant trois mois, jusqu’à convaincre la direction de la chaîne.


Sébastien Dias : Le choix de Marseille, qui est l’un des ingrédients du succès de la série, a-t-il été imposé ?

Hubert Besson : Non. Certains de nos concurrents avaient préféré Paris ou Bordeaux. Pour notre projet, la Méditerranée et sa lumière étaient évidentes. Nous avons hésité entre Marseille et la Côte d’Azur, avant d’opter pour la cité phocéenne. Le Mistral s’inspire du Panier, l’un des quartiers les plus anciens de la ville. La « boboïsation » qui transforme les quartiers populaires est au coeur de l’esprit du feuilleton. Grâce à ce phénomène, nous avons évité de caricaturer les Marseillais. Il ne fallait pas sombrer dans la « pagnolade ».

Sébastien Dias : Que répondez-vous à ceux qui ne voient en Plus belle la vie qu’une série parisienne délocalisée à Marseille ?

Hubert Besson : Ils se trompent. Plus belle la vie est une série à 95 % marseillaise : le casting s’est déroulé sur place, nous occupons les trois studios et la majorité des bureaux du Pôle Média de la Belle de Mai, le tournage et la postproduction sont réalisés par l’antenne régionale de France 3... Paris n’est plus indispensable et Plus belle la vie en est une belle démonstration.

Sébastien Dias : Si c’était à refaire, conserveriez-vous les premiers épisodes ?

Hubert Besson : Je revendique les imperfections de la première saison : nous l’éditons d’ailleurs en DVD ! Plus belle la vie a été lancée en huit mois seulement, à partir d’un document de cent pages qui mentionnait les profils d’évolution des personnages. Les deux cents premiers épisodes constituent donc notre « bible » de travail. Cette année « d’école » était indispensable : il fallait réhabiliter le format de 26 minutes qui était à l’abandon, réinventer un ton adapté à l’horaire...

Sébastien Dias : Et l’avenir ? Une déclinaison de la série en prime time est-elle toujours d’actualité ?

Hubert Besson : Non. Nous avons étudié cette possibilité avec la chaîne sans toutefois parvenir à trouver des sujets ou des occasions qui justifieraient un tel basculement. L’objectif est aujourd’hui de pérenniser la série grâce à un travail éditorial en amont. A une époque, nous nous sommes retrouvés au pied du mur, à écrire les intrigues d’une semaine sur l’autre. Aujourd’hui, nous avons gagné en cohérence : nous savons anticiper les grandes évolutions du feuilleton. Mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler les prochains rebondissements !

Les coulisses de Plus Belle la Vie

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