Bradley Bell (Amour, gloire et beauté / Les Feux de l’amour) : « C’est un véritable challenge de conserver l’addiction de notre public »

Les histoires d’amour de Nikki et Victor Newman dans Les Feux de l’amour, et les adultères de Brooke Logan dans Amour, gloire et beauté, passionnent des millions de téléspectateurs à travers le monde depuis des décennies. Bradley Bell, le producteur d’Amour, gloire et beauté et actionnaire de Bell-Phillip Television Production, qui produit notamment Les Feux de l’amour, a accordé une interview sans concession à Toutelatele à l’occasion du classement des soaps les plus regardés en Europe et en Amérique du Nord.

Publié le mardi 2 septembre 2014 à 14:26
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Bradley Bell (Amour, gloire et beauté / Les Feux de l’amour) : « C’est un véritable challenge de conserver l’addiction de notre public »
©2006 CBS BROADCASTING INC.  

Benjamin Lopes : Les Feux de l’amour et Amour, gloire et beauté font partie du top 3 des soaps les plus regardés en Europe et en Amérique du Nord. Quelle est votre réaction ?

Bradley Bell : Ces résultats sont formidables. C’est un véritable challenge de conserver l’addiction de notre public. C’est un travail qui s’opère depuis de nombreuses années maintenant. Amour, gloire et beauté a maintenant 27 ans, Les Feux de l’amour ont 41 ans. Nous sommes heureux d’être encore à l’antenne et d’obtenir de tels résultats.

Vos deux soaps sont très populaires aux États-Unis, mais également en Europe. Comment l’expliquez-vous ?

Amour, gloire et beauté parle de la famille, de la mode et de la Californie, des thèmes qui plaisent aux téléspectateurs. Mais plus que tout, le public est attaché à ses personnages. Ils sont authentiques et humains. Les histoires ne sont pas trop extravagantes et éloignées de la réalité. Nous essayons d’écrire des storylines positives et proches des téléspectateurs.

Aux États-Unis, Les Feux de l’amour est plus populaire qu’Amour, gloire et beauté. En Europe, la tendance et inversée. Pourquoi selon vous ?

Les Feux de l’amour ont débuté en 1973. Dans les années 70 et 80, les audiences de ce soap étaient très importantes, avec plus de 12 millions de téléspectateurs à chaque diffusion rien qu’aux États-Unis. Mon père (William J. Bell, ndlr) écrivait les histoires à l’époque, et c’était un brillant scénariste. En effet, il est parvenu à capter d’emblée l’attention de 19 millions de téléspectateurs. Amour, gloire et beauté a commencé plus tardivement (en 1987, nldr) et l’univers audiovisuel américain était devenu beaucoup plus concurrentiel. De nombreuses stations se sont ainsi multipliées aux États-Unis. Les équipes d’Amour, gloire et beauté ont donc dû être encore plus créatives pour se battre dans un univers plus féroce, et cela explique sûrement sa popularité plus importante en Europe.

En Italie, Amour, gloire et beauté est le soap numéro un, battant les feuilletons locaux...

Cela a été une agréable surprise pour nous de réaliser de telles audiences en Italie. Nous sommes très fiers et reconnaissants aujourd’hui de faire partie de la culture italienne. Amour, gloire et beauté est de plus diffusé à un bel horaire sur Canal 5 (du lundi au vendredi à 14h40, ndlr). Ce soap parle d’histoires d’amour et de mode, je pense qu’il correspond indéniablement à l’Italie.

« Nous délivrons des messages positifs à l’ensemble de nos téléspectateurs »

Quelles sont pour vous les différences essentielles entre un soap américain, et un feuilleton européen ?

Il est difficile de faire la comparaison, car chaque soap européen a ses spécificités. Les feuilletons italiens sont souvent très romantiques tandis que les soaps anglais sont moins expansifs. Je pense que chaque série quotidienne a sa propre culture selon les nationalités.

En parallèle, les telenovelas prennent de plus en plus d’ampleur en Europe, mais aussi aux États-Unis. Gardez-vous un œil sur ce format ?

J’ai effectivement regardé plusieurs telenovelas ces derniers temps. Elles deviennent meilleures, notamment au niveau visuel, mais aussi dans le jeu des acteurs. Tous les axes de développement des telenovelas se sont considérablement améliorés ces dernières années. Ces séries à durée limitée deviennent de redoutables concurrents aujourd’hui sur le marché audiovisuel. Des telenovelas sont d’ailleurs tournées à Miami et les studios en Amérique du Sud sont impressionnants. J’ai eu l’occasion de jeter un œil sur plusieurs telenovelas de Globo lors de mon déplacement au Brésil pour la Coupe du monde, et le rendu était très bon. Univision et Telemundo aux États-Unis ont également de très bons produits à l’antenne. Nous gardons donc effectivement un regard attentif sur ce format, car nous tenons forcément à conserver notre leadership.

Conserver l’auditoire d’Amour, gloire et beauté ou encore des Feux de l’amour est donc un véritable challenge. Comment procèdent vos équipes ?

Nous disposons à la base d’une palette de personnages que le public admire. Les méchants dans nos séries sont également très appréciés des téléspectateurs. Nous exploitons énormément cet aspect par conséquent. De plus, toutes nos intrigues sont basées sur la moralité, elles ne sont pas juste vulgaires ou ringardes. Nous délivrons des messages positifs à l’ensemble de nos téléspectateurs, aussi bien les adultes que les enfants, et cela semble payer.

Arrivez-vous à rajeunir votre audience encore aujourd’hui ?

C’est très compliqué d’attirer la nouvelle génération de téléspectateurs. Le casting est très important pour aller à la rencontre de nouveaux téléspectateurs. Nous avons tenté pas mal de choses avec de nouveaux acteurs plus jeunes, en ce sens. Nous cherchons ainsi constamment des comédiens de talent pour venir enrichir l’équipe originale dans l’optique justement de séduire un nouveau public, plus jeune.

Partie 2 > Amour, gloire & beauté à l’international et sa pérénité


Vous autorisez-vous à créer des intrigues totalement irréelles ?

Je travaille pour ma part uniquement sur les intrigues d’Amour, gloire et beauté. Il est vrai que parfois les histoires sont un peu farfelues. Elles permettent aussi de voir des choses qui sortent de l’ordinaire, de s’évader. La plupart du temps, elles restent tout de même réalistes et nous nous efforçons d’aller dans ce sens.

Quel est le budget typique d’un épisode de soap aux États-Unis ?

Un épisode de trente minutes d’Amour, gloire et beauté coûte en moyenne 100 000 dollars.

Disposez-vous de budgets spéciaux pour les grands évènements tels que les tornades ou encore les incendies ?

Pas réellement. Nous disposons en fait d’un budget annuel et nous maintenant la balance jusqu’à la fin de l’année. Nous ajustons ainsi le coût des épisodes et respectons le budget qui nous a été alloué pour une période définie.

Combien de scénaristes travaillent sur un soap comme Amour, gloire et beauté ?

Nous avons six à huit scénaristes qui travaillent sur les intrigues de la série à plein temps pour chacun des épisodes. Chacun d’entre eux à la charge d’un épisode, du début à la fin. Des personnes sont ensuite chargées d’écrire les dialogues.

Vos soaps s’exportent mieux que les autres feuilletons diffusés sur NBC ou ABC. Arrivez-vous à l’expliquer aujourd’hui ?

Concernant Amour, gloire et beauté, nous nous chargeons nous-mêmes de vendre à l’international les droits depuis des années maintenant. C’est une affaire familiale. Nous allons régulièrement aux conventions autour de la série. Nous travaillons beaucoup là-dessus avec David Gregg (Vice président pour la vente à l’internationale chez BBL Distribution, ndlr). Nous sommes très engagés dans cette conquête du succès à travers le monde par conséquent.

Les performances de vos soaps en Europe sont-elles vitales pour leur survie ou les scores réalisés aux États-Unis suffisent-ils ?

Les audiences réalisées en Europe sont au contraire très importantes. Nous sommes attentifs aux performances de nos séries sur l’ensemble des marchés sur lesquels nous sommes diffusés. L’aventure continue également grâce aux succès de la série dans le monde, pas uniquement aux États-Unis. C’est grâce à cet ensemble que nous disposons encore aujourd’hui d’un budget conséquent pour produire ces séries.

Ce plébiscite vous a-t-il poussé à adapter certaines intrigues pour l’international, et non seulement pour les États-Unis ?

Quand nous créons des histoires, nous pensons à l’ensemble de nos téléspectateurs à travers le monde. Nous nous efforçons de plaire à tous, et de ne pas mettre mal à l’aise certains publics par exemple. Nous ne voulons offenser aucun téléspectateur et nous ne souhaitons pas qu’une partie de nos fidèles puisse se sentir mal à l’aise devant certaines scènes. Nous prenons donc certaines précautions. En parallèle, depuis plusieurs années, nous allons également tourner certains épisodes à l’étranger pour nous rapprocher de notre public international. Nous avons capté des scènes à Dubaï, en Australie, en France, en Belgique ou encore en Italie. Ce sont toujours des aventures formidables.

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