Clash > Rencontre avec le créateur Pierre Linhart

A l’occasion du lancement de la nouvelle série Clash, le 9 mai 2012, Toutelatélé a posé quelques questions à son co-créateur, Pierre Linhart. Le scénariste évoque ici la série sur les relations parents-ados, ses influences, mais aussi la saison 2 déjà en préparation...

Publié le mardi 8 mai 2012 à 23:19
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Clash > Rencontre avec le créateur Pierre Linhart
©Scarlett Production/DR 

Claire Varin : Clash est une idée de la productrice Joëy Faré de Scarlett Production. Comment le projet est-il né ?

Pierre Linhart : On travaillait sur un concept de série avec Joëy Faré, puis avec Marco Cherqui. Ce qui nous intéresserait, c’était de traiter des relations parents-ados, donc de traiter à égalité les adultes et les adolescents.

Le producteur Marco Cherqui a mentionné Angela 15 ans comme étant une des influences. Skins ne semble-t-elle pas l’être également ?

Skins a effectivement été une influence sur le principe narratif de se concentrer sur un ado et sa famille différents à chaque épisode. Angela 15 ans a été une référence pour les autres, mais pas pour moi. C’est une série que je ne connais pas bien. J’avais d’autres références, plus en matière de ton, particulièrement Six feet under. Je pense également à Once & again et sa famille recomposée. J’adore le traitement sur les relations familiales, mais j’aime également beaucoup le mélange de choses assez quotidiennes et en même temps très profondes ; comment se tissent peu à peu les liens et comment on s’intéresse à l’un ou à l’autre des personnages, d’être au plus près de leurs émotions et de leur intimité. C’était une de mes grandes références, mais, comme quoi, sur la série chacun est nourri de ses propres choses.

Reprendre une forme narrative très similaire à celle de Skins était-il volontaire ?

On trouvait que c’était intéressant de décliner ce principe narratif parce que c’était assez nouveau et inhabituel. On avait envie de créer une série qui échappe un peu aux codes habituels. Si on traite d’une famille à chaque fois, on a l’impression que l’on peut tirer des généralités à partir de cette famille. Tandis que l’idée d’avoir plein de types de famille différents permet aussi de montrer qu’il n’y a pas de règles. On n’avait pas envie de donner des leçons sur comment être parent, comment être enfant et comment gérer des relations. On a simple voulu montrer des situations différentes et des gens qui essayent d’aménager comme ils peuvent ces relations.

Vous avez été auteur sur Cœur océan, tout comme Jennifer Have, qui est dialoguiste sur certains épisodes de Clash. Comment s’est passée cette nouvelle collaboration ?

Je l’ai fait venir sur le projet. J’ai rencontré Jennifer à l’époque de Cœur océan. À un moment, on avait besoin de scénaristes pour les deux premiers épisodes et, du coup, je lui ai proposé celui-ci, parce que je savais que, par rapport à ses goûts cinématographiques, il y aurait quelque chose qui lui plairait. Elle a travaillé sur l’adaptation et sur les dialogues de « Robin » et on a dialogué ensemble l’épisode d’Olivia. Avec Baya Kasmi, qui est co-créatrice de la série, on se connaissait de Cœur Océan également.

Est-ce un hasard ou avez-vous un intérêt particulier pour les thèmes autour de l’adolescence ?

Sur Cœur Océan, c’est venu par affinité avec les personnes qui s’occupaient de l’écriture. Je ne raisonne pas forcément en terme d’adolescent ou non, mais plus sur : Que vivent-ils ? Quel est le ton de la série ? Et si je peux y exprimer des choses, m’y reconnaitre ou non. Sur Clash, ce qui m’intéresse c’est la famille. Les enfants m’intéressent quand ils sont aussi liés à des parents. Je ne suis pas spécialisé dans la jeunesse, mais je m’y intéresse forcément puisque c’est un âge que j’ai vécu, qui est un âge de transition et où il se passe plein de choses.


Clash est diffusée en prime time. Cela change-t-il quelque chose au niveau des libertés dans l’écriture ?

Il y en a plus. Mais il y a toujours des problèmes par rapport à la drogue, le tabac, l’alcool... Quand on montre quelqu’un qui fume, il faut tout de suite dire que c’est mal. Sinon, on a des interdictions. Il faut donc contourner. Sur Clash, la plupart des choses sont passées. Il y a des petites choses qui choquaient, mais c’était souvent des détails, des formulations. Notamment dans l’épisode sur Olivia, il y a cette scène brutale de sexe, on a pu la garder telle qu’elle était et ce n’était pas du tout une séquence facile à diffuser en prime time sur France 2. La chaîne a été plutôt ouverte...

Et concernant l’homosexualité du personnage de Cassius ?

Avec France 2, le problème s’est plutôt porté sur la différence d’âge qu’il y avait entre le personnage de Cassius et l’homme avec qui il va avoir une relation amoureuse et sexuelle. Il n’y a pas eu de difficulté particulière par rapport à l’homosexualité. C’est un thème que l’on continuera d’explorer dans la saison 2.

Une saison 2 est donc en développement. Marco Cherqui a déjà annoncé que la structure narrative allait changer. Quelle en est la raison ?

Ce principe du focus était très bien pour rentrer dans l’univers de chaque famille et de les connaitre. L’ensemble forme une exposition. Après ça, on a aussi envie de pouvoir développer des choses sur la durée de la série et de faire que les évènements que les uns et les autres vivent puissent se décliner sur plus de temps. Et donc de répartir différemment les intrigues et retrouver les parents d’un épisode à l’autre. On se dit que c’est le bon moment pour changer le dispositif et d’essayer autre chose.

Où en êtes-vous dans le développement de cette saison 2 ?

Je travaille avec Jennifer Have sur les arches famille par famille et également sur les storylines des six épisodes. C’est très difficile parce qu’il faut à la fois imaginer le tout et le détail. C’est très vertigineux. C’est tout un petit monde qu’il faut faire vivre et développer. Si on change un élément, tout change. C’est un gros travail, mais c’est excitant aussi.

Plus généralement sur la création française, pensez-vous que les choses évoluent ?

On va vers un changement avec ce principe du showrunner. De plus en plus de scénaristes deviennent producteurs ou coproducteurs pour pouvoir intervenir. Je pense qu’on commence à prendre exemple sur les Américains et à donner plus de place au créateur de la série, qui serait un peu le regard artistique sur toute la série. Cette continuité du regard en France, elle est plus sur le créateur, le producteur et le réalisateur, avec des passations de relais. En généralement, le scénariste ne suit pas la suite du processus, une fois qu’il a terminé le scénario. Ce changement est une bonne chose. Et puis, on avance vers des projets plus originaux et plus audacieux. On commence à tirer les enseignements des séries étrangères.

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