Daniela Lumbroso

En 1985, Daniela Lumbroso débutait à la télévision dans Le mini journal. Vingt ans plus tard, elle est une animatrice productrice au sommet de sa notoriété. De LCI à France 2, en passant par TF1, Daniela se souvient de tout et nous le raconte...

Publié le mercredi 15 juin 2005 à 23:52
par
Daniela Lumbroso
©F2/P.Guibert 

Joseph Agostini : Il parait que vous êtes une véritable accro à la télé... Info ou intox ?

Daniela Lumbroso : J’ai toujours adoré ça. Enfant,
j’étais une vraie téléphage ! Je ne rêvais
que d’une chose : fabriquer mes
propres émissions. Adolescente, j’imaginais
déjà des concepts avec le désir
de les mettre à l’antenne un jour. Une
chose est sûre : je ne suis pas arrivée
dans ce métier par hasard.

Joseph Agostini : Le moins que l’on puisse dire, c’est
que vous avez honoré vos rêves.
Vingt ans de télévision déjà !

Daniela Lumbroso : J’ai commencé à quinze ans ! (Rires)
Sérieusement, j’ai démarré très jeune
sur les radios libres, à NRJ, puis j’ai
rejoint France Inter. J’y ai présenté
une émission baptisée Vu à la radio,
l’ancêtre de ce que fait Fogiel tous
les samedis matins. J’avais choisi de
réaliser un reportage sur l’équipe du
Mini Journal, qu’animait alors Patrice
Drevet sur TF1. C’est lui qui, en me
voyant, m’a proposé de rester dans
son équipe. Le 10 décembre 1985,
je montais mon premier sujet sur les
Beatles et l’anniversaire de la mort de
John Lennon !

Joseph Agostini : De ces vingt années, quels sont
les souvenirs qui vous reviennent
d’abord ?

Daniela Lumbroso : Je pense avant tout aux années LCI,
lorsque j’y animais un talk show culturel
quotidien où se côtoyaient les personnalités
les plus variées. La rencontre
de Djamel Debbouze et de Soeur Emmanuelle
restera l’un des plus grands
moments de toute ma carrière. Il y a
aussi celle de François Nourrissier et
de Michel Houellebecq qui me revient
en mémoire... Nourrissier, Président
du Prix Goncourt a rencontré Houellebecq,
à qui il n’avait pas donné ce prix,
pour la première fois ce jour-là... Dans
un tout autre domaine, Céline Dion est
une chanteuse qui m’a profondément
touchée, lors d’une émission spéciale
sur TF1. Cette fille-là n’a aucune défense.
Elle s’offre totalement aux autres.

Joseph Agostini : Cette époque où la direction de France
2 vous avait proposé le 20 heures
puis avait reculé devant un tollé de la
rédaction, vous vous en souvenez ?

Daniela Lumbroso : C’était un moment très dur. A l’époque,
il était inenvisageable qu’une jeune
femme de trente ans présente cette
édition. Alain Denvers, alors directeur
de la rédaction, m’avait repérée sur
Sigma TV, quatre ans plus tôt. Pour
faire mes preuves, j’ai dû intégrer le
service société de France 2 et diviser
mon salaire d’animatrice de divertissement
par 10. Mais le pari m’intéressait
et, après avoir réalisé des dizaines de
reportages, j’ai finalement présenté le 13 heures.


Joseph Agostini : Avant cela, vous étiez en effet animatrice
de jeux, aux côtés de Georges
Beller. Cela vous correspondait-il ?

Daniela Lumbroso : J’ai accepté d’animer Jeux sans
frontières
après une longue période
de chômage. Je n’avais plus un sou,
ma fille venait de naître et je ne pouvais
me permettre de refuser. Avec le
recul, cela reste une belle expérience,
même si, de manière générale, les jeux
m’emmerdent. Je ne veux ni les présenter
ni les regarder !

Joseph Agostini : C’est sur LCI que tout a vraiment
commencé pour vous...

Daniela Lumbroso : Jérôme Bellay m’a fait confiance en
m’embauchant sur cette nouvelle chaîne,
en 1994. Le combat n’était vraiment
pas gagné d’avance. A l’époque,
je devais assurer deux heures d’antenne
quotidiennes, en direct absolu, sur
une chaîne qui venait de naître. J’étais
toute seule avec une assistante pour
lire, voir des pièces, des concerts,
s’informer des sorties de films. Nous
avions des moyens minuscules et cela
représentait un travail titanesque ! Il a
fallu des années pour que l’émission
devienne une référence.

Joseph Agostini : Votre talk show quotidien sur LCI
représente une base d’archives considérable !

Daniela Lumbroso : Il ne me reste absolument
rien de
mes sept années
sur LCI ! Lors de
mon départ de la
chaîne, des techniciens
ont jugé
inutile de garder
les images de
mes émissions. Tout a été brûlé ! Il n’y
a plus aucune trace de mon talk show,
sinon quarante secondes de Djamel
et Soeur Emmanuelle, conservées par
Arthur pour Les enfants de la télé.
J’oubliais ! Une dame qui a le même
coiffeur que moi est fan de Jean d’ Ormesson
et m’a offert un DVD de notre
entretien... C’est tout.

Joseph Agostini : A l’époque, France 2 souhaitait-elle
vraiment vous débaucher pour remplacer
Bernard Pivot ?

Daniela Lumbroso : J’ai revu Michèle Cotta dernièrement
et elle me l’a confirmé : Bernard Pivot
avait en effet pensé à moi pour
assurer sa succession. Au final, c’est
Guillaume Durand, lui aussi ancien de
LCI, qui a remporté la mise. Il faut dire
que nos talk shows étaient très à la
mode alors. Les mêmes journalistes,
qui avaient parlé de « radio filmée »
aux balbutiements de la chaîne info,
encensaient maintenant Bellay et sa
politique de programmes. Par la suite,
tout le monde a invité des gens autour
d’une table pour qu’ils parlent de leur
actualité.


Joseph Agostini : Pourquoi avoir choisi de revenir sur
France 2, en septembre 2001, avec
une pléiade de divertissements ?

Daniela Lumbroso : Parce que j’aime ça. Tout simplement.
Je prends autant de plaisir à animer
des divertissements qu’un magazine
culturel. A l’époque, j’animais déjà des
variétés sur TF1, en parallèle avec
mon talk show sur LCI. Je pense être
la seule femme à pouvoir passer d’un
genre à l’autre et cela attise certaines
jalousies. Douze journalistes parisiens
me reprochent un éclectisme qu’ils ne
contestent pourtant pas chez Nagui,
Michel Drucker, Guillaume Durand ou
Jean-Luc Delarue ! Pourtant, ils ont
tous fait des magazines et des divertissements...
Comme moi !

Joseph Agostini : Etes-vous sensible à ces critiques
qui éreintent les gens en place ?

Daniela Lumbroso : J’estime que je ne suis pas très attaquée
par rapport à l’exposition que
j’ai. A une certaine époque, on me reprochait
d’être trop intello, pas assez
vulgaire pour faire de la télévision.
Aujourd’hui, comme tous les présentateurs de variétés, je suis parfois
prise pour une idiote. Regardez Jean-
Pierre Foucault ! C’est un homme
malin, fin, intelligent... A l’époque de
Sacrée Soirée, il était vu comme un
crétin. Aujourd’hui, les gens se rendent
compte qu’il ne l’est pas.

Joseph Agostini : Vous avez produit La fête de la chanson
française
en janvier dernier, et
dépassé de plusieurs longueurs TF1,
le samedi soir.

Daniela Lumbroso : Quand je suis revenue sur France 2,
c’était dans le but de produire ou de
coproduire des émissions. Je n’ai pas
un autre objectif depuis ma naissance !
(rires) Longtemps, la chaîne a hésité
en ne m’employant que comme animatrice.
Cette année, elle m’a enfin donné
l’opportunité de montrer de quoi j’étais
capable. J’ai créé ma propre boîte,
Dégel Prod et ai fabriqué mon grand
rêve : une fête de la chanson française,
qui a atteint 32% de part de marché !

Joseph Agostini : A votre avis, pourquoi le public a-t-il
tant plébiscité cette émission ?

Daniela Lumbroso : J’ai reçu des centaines de lettres de
félicitations les semaines suivant la
soirée. Le public aime les émissions
de variétés quand elles ont un vrai
contenu. Avec La fête de la chanson
française
, j’ai voulu raconter les différentes
époques du disque d’une façon
intelligente.


Joseph Agostini : Dernièrement, vous avez dû annoncer le décès du pape en direct en plein show. C’est un souvenir marquant ?

Daniela Lumbroso : Je ne tenais pas à l’annoncer et j’ai
passé l’antenne à Carole Gaessler
pour qu’elle le fasse. En direct, c’était
difficile à gérer même si on s’attendait
à apprendre la nouvelle. J’ai dû enchaîner
et lancer la chanson d’Arielle Dombasle
avant d’interrompre l’émission
(Stars en duos et ensemble contre
le sida
, ndlr). Mais, au final, le plus difficile
a été de revenir après l’édition
spéciale. J’ai alors demandé à Arielle
Dombasle, qui est une chrétienne très
fervente, de me parler du pape...

Joseph Agostini : Au mois de septembre,
France 2 vous a désignée
à la succession de
Michel Field dans Comme
au cinéma
. Au bout de sept
mois, pouvez-vous tirer un premier
bilan ?

Daniela Lumbroso : Nous avons doublé l’audience
du magazine par rapport à la
saison dernière. Avec 12%
de part de marché, Comme
au cinéma trouve progressivement
son public, même si la
concurrence est très difficile le mardi
soir. Pour moi, c’est un vrai plaisir de
revenir à la culture.

Joseph Agostini : Vous avez obtenu de
petits rôles au cinéma et, encore
plus récemment, au théâtre, avec
d’autres animateurs de France 2
dans Le fil à la patte. Et si Daniela
Lumbroso était une comédienne ?

Daniela Lumbroso : La comédie, c’est un métier ! Je n’ai
pas cette prétention. En revanche,
j’ai aimé apparaître dans certains
films et donner la réplique sur scène
dans la pièce de Feydeau à mes collègues
de France 2. J’incarnais
une concierge et j’avais trois
phrases à dire ! J’ai passé un
très bon moment. Du vrai
théâtre d’entreprise !

Joseph Agostini : Animatrice, journaliste, productrice,
entre culture et divertissement, vous
avez réalisé tous vos rêves !

Daniela Lumbroso : J’y suis arrivée ! L’ado que j’étais a
réussi. Pour moi, l’essentiel dans la
vie consiste à puiser dans ses envies
profondes et a toujours se remettre
en question. On peut faire des choses
nouvelles, à 40, à 60 ans ! J’aime les
gens qui se relancent sans cesse dans
des aventures.

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