De la Commune à M.Night Shyamalan, Stéphane Debac se confie

lundi 10 décembre 2007 à 16:46 |
L.Abib / C+

Depuis le 26 novembre, La Commune s’est installée sur Canal+ avec un joli succès. En plongeant le téléspectateur au coeur d’une cité qui détient tous les records en matière de chômage, de trafics de stupéfiants et de criminalité, la fiction rejoint quelque peu la réalité. Pour raconter cette aventure, qui devra avoir une suite, Toutelatele.com est parti à la rencontre de Stéphane Debac. L’acteur en profite pour parler du prochain film de M.Night Shyamalan dans lequel il a décroché un rôle...

Clotilde Cadu : Comment vous êtes-vous préparé au rôle d’Alexandre Vincent ?

Stéphane Debac : A la première lecture des huit épisodes, j’ai ressenti qu’Alexandre Vincent était l’incarnation, à mon sens, d’une politique très contemporaine, très actuelle, un peu dure, sans concession, qui trace, sans état d’âme. Vu qu’a priori il n’obéit qu’à son ambition politique personnelle, j’avais envie de dater ce personnage. C’est-à-dire que si dans dix ans on revoit cette série, j’ai envie qu’il témoigne de ce qu’est la politique aujourd’hui.

Clotilde Cadu : De qui vous êtes-vous inspiré ?

Stéphane Debac : De tous ceux qui ont une quarantaine d’années aujourd’hui en politique, de droite comme de gauche, Arnaud Montebourg, Nicolas Sarkozy, le jeune porte-parole de l’Elysée... J’ai beaucoup regardé les débats politiques. Je n’ai pas eu un énorme travail à faire, parce que l’inspiration, on l’a sous le nez tous les jours. On la sert au journal de 20 heures, dans les émissions politiques... Quand on est comédien, on se charge naturellement de ce qu’on voit. J’étais content qu’on me propose ce rôle, ça faisait un moment que je reluquais cette génération d’hommes politiques et j’avais envie de l’interpréter.

Clotilde Cadu : N’est-ce pas trop dur d’avoir le mauvais rôle, celui du politique un peu véreux ?

Stéphane Debac : Non, c’est très agréable (rires) ! C’était très drôle à jouer, vu de l’intérieur ! Parfois ça confine à l’absurdité. Traverser un personnage comme celui d’Alexandre Vincent, qui porte le costard de ce qu’il aimerait être et non pas de ce qu’il est, est un plaisir. Je m’en fous d’être le salaud ou pas. Mon plaisir, c’est d’être dans la fiction. Mais si un jour je deviens un gros salopard dans la vie, dans ce que je suis humainement, ça me posera un vrai problème !

Clotilde Cadu : Vous retrouvez-vous dans certains aspects de votre personnage ?

Stéphane Debac : Je pense que je peux faire preuve d’ironie, mais je ne vais jamais jusqu’au cynisme extrême pratiqué par Alexandre Vincent. C’est violent. Pour être honnête, dans le show-business, les salopards ne manquent pas. L’inspiration, je l’ai puisée dans ma corporation aussi. Mais c’est toujours important d’aimer son personnage, pour ne pas le caricaturer. Si j’avais poussé la caricature trop loin, on quittait la fiction pour être dans le sketch. Ce n’est surtout pas le propos et ce n’est pas ce que j’aime faire.

Clotilde Cadu : Par quoi avez-vous été séduit dans La Commune ?

Stéphane Debac : C’est une série bien française, mais avec une ambition. Elle s’est appuyée sur ce qu’il y a de mieux. Pour une fois, on élève un tout petit peu la création de séries dans ce pays, on ne ronronne pas et je trouve ça plutôt « couillu ». Les gens ne sont pas débiles, il faut arrêter de croire qu’ils ont besoin d’être rassurés par des héros proches d’eux, des boulangers ou des cafetiers. J’estime que mon métier, que ce soit au cinéma ou à la télé, ce n’est pas retranscrire la réalité. Je suis là parce que j’ai envie de faire un peu « rêver », d’emmener les gens ailleurs...

Clotilde Cadu : Quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

Stéphane Debac : C’était un joli cadeau qu’on vienne me proposer d’intégrer l’équipe de La Commune. J’en garde un très bon souvenir. Je pense que c’est vraiment une des séries les plus intéressantes qui ait été faite jusque-là. Il y a une écriture, une production, une réalisation de Philippe Triboit, qui a abattu un boulot hallucinant, parce c’est quand même un rythme très soutenu. C’est rare. Quand on est comédien, on vous propose des séries qui ne correspondent pas toujours à ce que vous aimez en tant que spectateur, et j’en ai fait ! Mais là, je suis content d’être dans une production que j’estime être générationnelle.


Clotilde Cadu : Des révoltes ont eu lieu en banlieue parisienne au moment de la diffusion de La Commune. Cela vous a-t-il donné l’impression de sortir de la fiction, de jouer quelque chose adapté de faits réels ?

Stéphane Debac : Je me garderai bien de comparer un fait divers avec une fiction. La Commune est une série qui est faite pour distraire. Ce n’est pas un reportage. La cité est une toile de fond. Du reste, l’action aurait pu se dérouler à La Défense ou ailleurs.

Clotilde Cadu : Y aura-t-il une saison 2 de La Commune ?

Stéphane Debac : J’espère ! Après, il faut que les gens aient envie de voir une suite. Abdel, le scénariste, m’a déjà parlé de ce que pourrait devenir mon personnage, où pourrait l’avoir menée son ambition de la première saison. Donc, a priori, tout ça continue.

Clotilde Cadu : Vous sentez-vous prêt pour un rôle récurrent ?

Stéphane Debac : C’est assez drôle, parce qu’un personnage régulier, ça me faisait un peu peur car en France, la télé amène la télévision, elle n’amène pas toujours vers le cinéma ou ailleurs. C’est toujours un peu compliqué. Mais avec cette série, ça ne m’effraie pas du tout, au contraire. Et ça ne m’empêche pas de faire du cinéma. La Commune permet de ne plus se poser la question de savoir si on fait de la télé ou du cinéma : on est dans un joli projet. Ce n’est pas de la langue de bois, ça compte vraiment. Et c’était pas forcément le cas avant pour être très honnête.

Clotilde Cadu : Quel personnage de série auriez-vous aimé jouer ?

Stéphane Debac : Il y en a plein ! Au-delà des personnages, ce sont des univers. Heroes, c’est extrêmement malin et très bien produit. Une série comme Profit, c’est pareil, elle repose énormément sur l’écriture et le jeu. J’ai beaucoup d’admiration pour JJ Abrams, qui a créé par exemple Alias, et a réalisé, à mon avis, le meilleur Mission Impossible. Des mecs comme ça me parlent, je me sens concerné, c’est de ma génération. Mais on ne peut pas être un acteur en France et ne rêver que de séries américaines.

Clotilde Cadu : Vous avez été choisi par M.Night Shyamalan pour jouer dans son prochain film, The Happening. De quoi sera-t-il question ?

Stéphane Debac : Comme souvent avec Night Shyamalan, c’est un film d’anticipation. Le héros, Mark Wahlberg, suit une espèce de cataclysme, il ne sait pas trop si c’est un phénomène naturel. J’apparais dans une séquence qui s’est tournée à Paris. Mon agent m’a appelé pour me dire que je faisais des essais avec Juliette Ménager pour The Happening. J’y suis allé sans conviction et j’ai été choisi par M.Night Shyamalan. C’est très agréable d’être retenu par un réalisateur qui fait écho dans le milieu.

Clotilde Cadu : Etes-vous spectateur de ses autres films ?

Stéphane Debac : J’ai adoré Incassable, j’aime l’univers de Night Shyamalan, non pas parce qu’il est Américain, mais car c’est un cinéma que j’aime. C’est juste génial, c’était de la bombe (rires) !

Clotilde Cadu : Quels sont vos projets pour la suite ?

Stéphane Debac : J’ai beaucoup enchaîné sans prendre de vacances cet été. J’ai participé à un film qui sort en mars, Modern Love, une très jolie comédie romantique, avec Bérénice Béjo, Alexandra Lamy, PEF et d’autres, réalisée par Stéphane Kazadjan. Je vais ensuite essayer de donner envie aux gens d’aller le voir, quand il s’agira d’attaquer un peu de promo pour ce film que j’aime beaucoup. J’ai aussi tourné Faubourg 36 de Christophe Barratier à Prague, un rôle d’enfoiré (rires)...

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