Félicien, il y a t-il une vie après Loft Story ?

En 2002, M6 met à l’antenne la seconde et dernière saison de l’émission qui a passionné les français un an plus tôt, Loft Story. Entre les Kamel, Angela, Thomas & Co, un candidat basque se distingue, Félicien. Aujourd’hui, si l’émission a été un propulseur pour le jeune homme, la page semble bel et bien tournée. Assagi, Félicien se consacre à la production. A l’heure où Secret Story s’achève, il revient sur son parcours...

Publié le mardi 21 août 2007 à 12:29
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Félicien, il y a t-il une vie après Loft Story ?
©Pick up 

Antoine Morin : Suite à ta participation à Loft Story 2, tu as produit, mis en scène et joué un one man show en 2005, The Sacré Schpountz, où tu te moquais ouvertement de ton personnage dans l’émission. Etait-ce une étape nécessaire pour t’affranchir de ton image de lofteur ?

Félicien : C’était même la première étape. Je l’ai fait de manière un peu intimiste, au théâtre Bourvil avec 60 à 80 personnes chaque soir. Ce n’était pas un fond de commerce, c’était avant tout pour moi. Je souhaitais aller vers les gens en leur disant « je sais ce que vous pensez de moi mais moi je vais vous le dire ». C’était une thérapie. Pendant tout le spectacle, je me cassais, je me mettais plus bas que terre. C’était bénéfique. Ca m’a permis de boucler la boucle Loft Story et de passer à autre chose.

Quel regard portes-tu sur la télé réalité aujourd’hui ?

Je n’arrive plus à me dire que j’ai participé à ce genre d’émission. J’ai totalement évacué les souvenirs de cette époque. J’ai un regard de spectateur, mais un spectateur averti. Je sais comment ça se passe. J’ai de la compassion pour certains candidats. Je vois l’image qu’ils reflètent et je me dis qu’ils vont galérer une fois que ce sera terminé. En même temps, ils sont sans doute au courant. C’est la septième année de télé réalité, ils n’ont plus l’excuse de ne pas savoir comment tout fonctionne, à l’inverse des premiers lofteurs.

Que penses-tu de Secret Story ?

Ce qui m’a interpellé en regardant cette émission, c’est que tout est tourné autour du cul ... j’ai du mal à comprendre la démarche de certains candidats qui semblent miser uniquement sur ça.

Plusieurs anciens candidats de télé réalité ont animé des émissions du même type, notamment pour la présentation de programmes américains, sur TF6 par exemple. As-tu eu des propositions dans ce sens ?

Non pas encore, mais le côté animateur m’attire. C’est quelque chose que je n’ai pas essayé et qui me plaît. Je pense que c’est une bonne expérience pour débuter mais si c’est juste pour lire un prompteur ça ne m’intéresse pas. Je marche beaucoup plus à l’impro, je suis un show man. Pour moi, l’animateur est au service de l’émission. L’exemple, c’est Patrick Sébastien. Il crée un univers qu’il met en avant, parce qu’il lui correspond.


Tu sors Mi casa es su casa, quatre ans après ton album, Olé Olé, pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de revenir à la chanson ?

C’était pour me permettre de casser le personnage créé par M6. Un personnage festif, que je revendiquais à l’époque. Je faisais des chansons comme Cum Cum Mania et Tranquille Emile, qui me correspondaient, mais au bout d’un moment, compte tenu de mon évolution, ce n’était plus moi. J’ai donc décidé de me reconstruire, en faisant de la production, mais aussi en préparant des chansons dans un nouveau style. Cela a été quatre années de travail, de réflexion pour revenir avec des messages et des projets qui sont les miens. Aujourd’hui je suis structuré, j’ai une équipe qui m’entoure et je suis prêt.

En écoutant la chanson, on note vraiment la différence avec tes précédents titres. Était-ce également pour t’émanciper de ton image ?

A un moment donné, tu ne peux plus jouer avec un personnage qui est le tien. L’autre jour, on m’a remontré des images du loft et je rigolais en voyant ce mec. Je me disais que ce n’est pas possible, ce n’est pas moi. Aujourd’hui en plus du festif, il y a un vrai message dans la chanson Mi casa.

Un album est-il prévu ?

Plus qu’un album, il y a un véritable projet autour de la chanson. Avec toute mon équipe, on voudrait en faire une sorte d’événement fédérateur sur deux journées. On invitera les enfants dans un espace à Paris, avec deux concerts, mais aussi des ateliers afin de les initier à la tolérance et l’acceptation des différences. Il y aura bien sûr d’autres chansons et un album, sur les thèmes du respect, de l’argent, du racisme et de l’environnement.

Quelles sont tes inspirations pour ce nouveau style ?

C’est un mélange de Zebda, Sinsemilia, Yannick Noah et Manu Chao. Des chanteurs qui font passer des messages importants avec des rythmes festifs et légers. A moi d’y apporter mon propre univers. A partir de maintenant, je vais me lancer vraiment dans le côté artistique et déléguer la production, car on ne peut pas être au four et au moulin.

Parmi tes nouveaux projets, il y a notamment deux films documentaires sur les All Blacks. Comment s’est passée cette aventure ?

Avec Laurent, mon partenaire sur ce projet, on s’est lancé dans un challenge qui était de produire deux films autour des Blacks. Et c’est déjà une énorme satisfaction de le voir aboutir avec le DVD qui sort en août. Pour moi, c’est déjà un succès. Nous sommes partis de rien, sans chaîne ni grosse société de production derrière nous. On a obtenu l’autorisation de la fédération néo-zélandaise pour nous rendre dans leur centre d’entraînement pendant leur préparation. Nous sommes, à ce jour, la seule production à avoir obtenu une telle autorisation. On peut aussi sortir le DVD avec le logo des Blacks, donc avec le partenariat de la fédération. Et surtout, on a eu les interviews des principaux joueurs actuels de l’équipe qui est aujourd’hui la référence du rugby.


Comment sont articulés les deux films ?

Dans le premier, Inside the Blacks, ce sont les joueurs néo-zélandais qui nous témoignent, de ce que représente pour eux, être un All Blacks. En Europe, on ne se rend peut être pas bien compte de la représentation du maillot pour ces joueurs. Les Blacks sont très ouverts, tout joueur qui a la motivation et l’envie de devenir l’un d’entre eux et qui s’en donne les moyens, est accepté. C’est un bel exemple d’intégration. Dans le second film, Face aux Blacks, les joueurs internationaux expliquent ce que les All Blacks représentent pour eux. Et c’est touchant de voir ces mecs qui sont des forces de la nature, de te parler de ces joueurs là comme des gamins, avec la chair de poule. Jouer contre les Blacks, c’est magique pour eux.

Que retires-tu de cette expérience ?

Beaucoup de fierté. Réussir ça, pour mon premier coup, c’est pas mal. Au début, on y croyait pas trop, c’était presque inimaginable pour nous de produire un film avec les All Blacks. Aujourd’hui, je savoure cette réussite. C’est très agréable de voir son nom sur un tel projet. Quand il est passé sur Canal+, (le 23 juin dernier, ndlr) et que j’ai vu au début du générique le nom de ma boîte de production, j’ai ressenti vraiment quelque chose de grisant.

C’est une forme de reconnaissance que tu apprécies ?

Oui bien sûr. Cela renforce ma crédibilité. Quand ton nom est associé à ces projets, toutes les critiques du monde ne peuvent plus t’atteindre. Tu as juste à montrer ce que tu as fait. Sur ce coup là, mon expérience de lofteur ne m’a servi à rien puisqu’en aucun cas M6 ne m’a aidé pour monter ce projet. Je veux montrer qu’il y a une vie après la télé-réalité. Il y a la vie que tu choisis. Certains candidats ont décidé de reprendre leur vie, moi j’ai choisi de rester dans le milieu du « show bizz » et j’en suis très satisfait. D’autant que ça commence à marcher, entre mon nouveau single, le docu sur les Blacks et mon projet d’émission télé ...

Quel genre de projet ?

C’est un projet d’émission sur la fête. Aujourd’hui on fait beaucoup de programmes festifs, mais on ne parle jamais du mot « fête ». Dans l’émission, on décortiquerait une festivité ou un carnaval. Son histoire, comment elle se prépare, comment elle se déroule. Je voudrais que ce soit un grand événement, avec des performances artistiques, et des sujets sur l’organisation et l’historique de la fête. Le projet a été déposé, on essaie de le vendre maintenant à des chaînes. Il faut discuter, peut être qu’elles ne voudront que des magnétos, ou uniquement du direct, le projet est déclinable.

Quelles sont tes ambitions aujourd’hui ?

Je voudrais être reconnu pour ce que je fais. J’ai toujours porté intérêt à des gens pour leurs actions. Ce ne sont pas forcément des stars médiatiques, ça peut être au niveau local ou juste professionnel, mais j’admire ceux dont le nom est respecté. Mon objectif est d’en faire partie. C’est dur à obtenir, mais je vais me battre pour y arriver...

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