Julie de Bona (Innocente, France 3) : « Il fallait que je crédibilise mon jeu de comédienne au moment de sa sortie de prison »

Ce samedi 8 octobre à 20h55, France 3 diffusera les épisodes 3 et 4 de sa mini-série « Innocente » portée par la comédienne Julie de Bona dont le personnage, Roxane Delage, doit se battre pour prouver son innocence dans un meurtre qu’elle n’a pas commis. Après huit années d’incarcération, elle est déterminée plus que jamais à rétablir la vérité et dénoncer une machination dont elle est victime. Pour Toutelatele, Julie de Bona revient sur les premiers épisodes et raconte comment elle a appréhendé son personnage.

Publié le samedi 8 octobre 2016 à 18:08
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Julie de Bona (Innocente, France 3) : « Il fallait que je crédibilise mon jeu de comédienne au moment de sa sortie de prison »
©FTV / LEFEBVRE 

Nicolas Svetchine : Vous vous retrouvez pour la première fois héroïne d’une série. Avez-vous vécu cela comme un challenge ?

Julie de Bona : Le challenge était plutôt dans le ton du film que je n’avais pas anticipé. C’est un vrai drame donc le challenge pour moi était de rentrer dans cet univers du milieu carcéral. Mon personnage passe du temps en prison, et même si on ne le voit pas à l’image, il fallait, pour le téléspectateur, que je crédibilise mon jeu de comédienne au moment de sa sortie de prison. Et puis j’étais très heureuse de décrocher ce rôle. Lorsqu’on a six épisodes à jouer, à défendre une héroïne, on peut vraiment développer profondément son personnage. C’est très agréable d’avoir autant de facettes à montrer.

Pour entrer au mieux dans la peau de votre personnage qui endure donc une peine de huit années de prison, vous vous êtes rendues en milieu carcéral. Comment avez-vous vécu cette expérience...

C’est une expérience qui m’a avant tout chamboulé humainement parce que je ne pense pas qu’on puisse dissocier le travail et l’humain dans ces moments-là. Ça m’a ouvert la porte sur une part de l’humanité que je ne connaissais pas. Cela a été vraiment très fort émotionnellement et humainement de découvrir ce que vivent ces gens, privés de leur famille, vivants dans un espace minime avec aucune liberté à l’intérieur. C’est quelque chose de totalement oppressant. On a l’impression d’être sur une autre planète. J’ai donc pu rencontrer et échanger avec des détenues, à plusieurs reprises. Une fois à la prison d’Orléans et trois fois à celle des Baumettes à Marseille. Je leur ai parlé de mon rôle et elles ont été heureuses de se confier. Elles m’ont livré des choses incroyables sur leurs émotions. Elles m’ont vraiment ouvert leur cœur.

« Sa bataille pour récupérer sa fille et retrouver sa vie d’avant, est liée à crier son innocence »

À sa sortie de prison, votre personnage cherche-t-il avant tout à se venger ou à se battre pour prouver son innocence ?

Je pense qu’il s’agit des deux, car c’est tellement violent ce qu’elle a vécu... Sa bataille pour récupérer sa fille et retrouver sa vie d’avant, est liée à crier son innocence. Il en est de même pour le choix qu’elle fait dans le premier épisode en décidant de se couper de sa famille. S’il elle avait été coupable, elle aurait pu le reconnaître et assumer ses huit ans de prison. Là le fait qu’elle soit innocente et que son mari ne la croit pas, c’est trop violent pour accepter que sa fille vienne la visiter en prison. Donc elle décide de se couper de sa famille avec une violence extrême parce que c’est insurmontable pour elle d’être seule au monde et de ne pas être crue, de ne pas être soutenue. Elle n’arrive pas à dépasser ça et c’est ce qui rend le personnage très humain, complexe, avec ses failles en ne faisant pas forcément les bons choix.

La prison l’a endurcie, mais semble aussi lui avoir fait perdre confiance en elle. Elle doute de ses choix et se remet en question, notamment sur le fait d’avoir voulu justement couper les liens avec son mari et sa fille...

Mon personnage aurait peut-être dû lâcher prise en acceptant que sa fille vienne la voir, mais elle a une conviction très forte. On ne se révèle que dans des moments aussi violents et aussi forts dans la vie. Et elle, elle s’est révélée être une femme de convictions. Elle veut les transmettre à sa fille en lui montrant que lorsqu’on est innocent, on se bat, quoi qu’il arrive. Donc si elle refuse de la voir jusqu’à sa sortie de prison, c’est pour lui prouver qu’elle se bat jusqu’au bout. Alors que si les convictions étaient moindres, elle aurait accepté, avec beaucoup d’humiliations, que sa fille vienne la voir et la regarde comme une femme coupable.

« Il ne faut pas prendre Le tueur du Lac comme une suite, mais plus comme un spin-off »

Quelle a été la scène la plus difficile à tourner ?

Au départ, je pensais qu’il s’agirait de la scène en prison quand je m’écroule dans ma cellule. Au final, cette scène s’est déroulée très facilement suite à ma rencontre avec les détenues. Par contre, la plus difficile, c’était la dernière scène de parloir où je décide de me couper de ma famille et notamment de ma fille. C’était dur à comprendre. J’ai d’ailleurs une anecdote à vous raconter : j’avais vu le film Présumé coupable sur l’affaire d’Outreau avec Philippe Torreton où son personnage est accusé de viol. Je l’avais trouvé formidable dans ce film et je me suis demandé comment il s’y était pris pour jouer quelqu’un qui est accusé à tort. J’ai ainsi pu le rencontrer, je lui ai demandé conseil et il m’a dit : « Ton personnage est capable de couper avec sa famille et de tenir sa décision pendant huit ans ». Ce n’était pas une évidence, car on peut dire « Ne venez plus me voir », mais deux mois après on est dans un tel état émotionnel que l’on revient sur sa décision. On ne peut pas rester dans cet état-là... Dans la série, mon personnage est capable de le faire et c’est là qu’elle se voit être une héroïne. Elle a une vraie conviction qui la fait tenir et se demande comment elle peut transmettre une éducation, un message à sa fille si elle lâche cette conviction. Moi, c’est ce que je me suis dit en tout cas.

Vous terminez actuellement le tournage de Sources vives, un téléfilm pour France 3 et vous enchaînez par un autre, celui de la série Le tueur du lac pour TF1, la suite du Mystère du lac où vous reprenez le rôle principal de Lise Stocker suite au départ de la comédienne Barbara Schulz. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur ces projets ?

Concernant le téléfilm de France 3, j’ai la chance de pouvoir tourner avec Marthe Keller qui incarne ma mère dans cette fiction. Il y a un meurtre, une enquête, mais ce qu’il y a de vraiment intéressant dans l’histoire, c’est la relation mère-fille. C’est une relation désastreuse et humiliante d’une mère qui n’a jamais aimé sa fille et qui ne s’est même jamais occupée d’elle. Là elle est accusée de meurtre et moi, sa fille, je suis flic. C’est donc le moment où jamais de renouer le contact, mais ça ne va pas se passer sans émotion et sans violence. Comme en plus je viens d’avoir un bébé et que j’étais toute seule, elle ne sait même pas qu’elle est grand-mère. Quant au Tueur du lac, j’ai reçu les nouveaux textes que Jérôme Cornuau (le réalisateur, ndlr) a réécrits avec les auteurs et j’aime beaucoup ce qu’ils ont fait. C’est très différent de la première saison. Je pense d’ailleurs qu’il ne faut pas le prendre comme une suite, mais plus comme un spin-off. C’est le même concept, mais il s’agit d’une autre histoire.

A lire aussi > Julie de Bona : « Je rêvais d’un personnage qui était capable de se surpasser et à qui il arrive des choses extraordinaires »

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