Les Infiltrés, l’émission de toutes les polémiques, s’attaque à la presse people

mercredi 3 décembre 2008 à 11:10 |
F2/DR

Les Infiltrés, une réalité qu’on ne voit pas habituellement

Nous sommes le mercredi 22 octobre. Il est 22h40 et France 2 s’apprête à lancer sa nouvelle émission : Les Infiltrés. Au centre d’un plateau tapissé d’écrans de télévision, David Pujadas, actuel présentateur du 20 heures de France 2, introduit le thème de son nouveau magazine d’investigation : « L’une de nos journalistes s’est infiltrée dans une de ces maisons de retraite, comme stagiaire aide-soignante...elle s’est fondue dans le décor. »

Le concept est simple. Un journaliste, s’infiltre dans un milieu pour y exposer à l’aide d’une caméra cachée, des dysfonctionnements et mettre en lumière une réalité que l’on ne voit pas. Pour se faire, le programme est construit en deux parties. La première, d’une quarantaine de minutes, laisse place au documentaire tourné par le journaliste au cours de son infiltration. Puis, David Pujadas reçoit en plateau des invités, concernés par le sujet, afin de débattre sur le thème abordé dans le reportage, et de répondre aux questions soulevées par ce dernier.

Investigation, enquête, reportage, bienvenue dans le monde des Infiltrés !

Pour ce 3 décembre, l’émission s’attarde sur les méthodes de la presse people via l’infiltration de l’hebdomadaire Closer. La polémique n’a cessé d’enfler, et des journalistes avaient même demandé l’interdiction de diffusion du programme...

 La presse people, cible et polémique des Infiltrés
 Les Infiltrés, une émission sur fond de polémique
 Les Infiltrés, une audience fluctuante
 David Pujadas, l’infiltré du 20 heures


La presse people, cible et polémique des Infiltrés

Chaque semaine, 16 millions de lecteurs dévorent la presse people. Scoops, informations croustillantes sur la vie privée des stars, les magazines people ont le vent en poupe.

Les Infiltrés en ont fait leur cible pour leu quatrième enquête. Très attendue par le public, l’émission connaît, à nouveau, une polémique qui enfle à l’approche de la diffusion.

Si la caméra cachée semblait légitime lors du reportage sur la maltraitance en maison de retraite, il en est moins sûr pour dévoiler les dessous d’un magazine people, en l’occurrence Closer. Bon nombre d’émissions ont pu sans infiltration enquêter sur cette presse. Reste à savoir si Les Infiltrés vont apporter quelque chose de nouveau sur ce thème.

De son côté, la rédaction de Closer a mal vécu cet épisode. Onze journalistes, de la société Mondadori qui édite le magazine, avaient porté plainte en apprenant la supercherie, et demandé l’interdiction de la diffusion de l’émission. Le verdict est tombé, ils ont été déboutés et doivent même verser 1500 euros de frais de justice.

Closer se retrouve donc l’arroseur arrosé. Ayant l’habitude de voler telle ou telle photo de stars, le magazine est à son tour dépouillé.

Du côté de l’agence Capa, qui produit l’émission, on se défend comme on peut. L’émission aura pour but de comprendre comment la presse people s’y prend pour satisfaire la curiosité et le voyeurisme d’un lecteur. David Pujadas recevra sur son plateau photographes, journalistes ou encore avocat pour débattre de tout cela.

 Les Infiltrés, une réalité qu’on ne voit pas habituellement
 Les Infiltrés, une émission sur fond de polémique
 Les Infiltrés, une audience fluctuante
 David Pujadas, l’infiltré du 20 heures


Les Infiltrés, une émission sur fond de polémique

A l’annonce de l’arrivée des Infiltrés, bon nombre de personnes sont montées au créneau pour dénoncer le concept des reportages basés sur la caméra cachée. Premier en date, Jean-Michel Apathie, journaliste sur RTL et chroniqueur au Grand Journal de Canal +, a sévèrement taclé l’émission dans Médias le magazine, le 18 octobre dernier : « Ce n’est pas un magazine d’investigation ! Entrer dans un endroit avec une caméra cachée, c’est de l’infiltration sans mise en perspective, [...] Être journaliste n’est pas prétendre dire la vérité en se servant du mensonge et de la dissimulation. Bien sûr qu’on peut obtenir une version plus intéressante en caméra cachée, comme on peut obtenir des aveux sous la torture ! »

La comparaison est cinglante, mais peut apparaître justifiée. Il est écrit dans la charte du journalisme qu’un journaliste est dans l’obligation d’avancer à couvert. D’un point de vue déontologique, le concept n’est pas exempt de tous reproches.

Autre opposant à l’émission, le Syndicat national des journalistes (SNJ) de France 2. Ce dernier a tout simplement « demandé à la direction de la chaîne de retirer cette émission des grilles. » La raison invoquée : « Nous pensons que la caméra cachée est une pratique qu’il faut utiliser de manière exceptionnelle. Ce n’est pas le rôle des journalistes que d’avancer masqués. David Pujadas ne doit pas devenir un auxiliaire de justice. »

Le programme a longuement fait parler de lui. Une question apparaît légitime. Etait-il nécessaire, d’en faire autant autour de ce nouveau magazine ? Envoyé Spécial sur France 2 ou encore Sans aucun doute sur TF1 ont régulièrement recours à la caméra cachée sans provoquer une quelconque indignation de part et d’autre. Albert Londres n’avait-il pas eu recours à cette technique d’infiltration pour dénoncer le traitement des fous ? Toujours est-il qu’en créant tout ce buzz, les détracteurs des Infiltrés ont réalisé une très belle publicité pour l’émission.

 Les Infiltrés, une réalité qu’on ne voit pas habituellement
 La presse people, cible et polémique des Infiltrés
 Les Infiltrés, une audience fluctuante
 David Pujadas, l’infiltré du 20 heures


Les Infiltrés, une audience fluctuante

Sur les sept numéros prévus, seuls trois des Infiltrés ont d’ores et déjà été diffusés en deuxième partie de soirée, le mercredi, sur France 2.

Le 22 octobre 2008, pour sa première, l’émission abordait un thème délicat : la maltraitance dans les maisons de retraite. Le documentaire fait alors l’effet d’une bombe en bousculant les consciences. Une infiltrée, se met dans la peau d’une stagiaire aide-soignante. Confrontée à un établissement manquant cruellement de moyens, la journaliste montre l’extrême : violences physiques, violences verbales... Cette première émission ne sera pas sans conséquence. Valérie Létard (secrétaire d’Etat à la solidarité) était invitée sur le plateau pour le débat, et est apparue indignée. Le lendemain, elle prenait la décision de faire fermer l’établissement. Avec ce sujet touchant bon nombre de français, l’émission a réalisé un bon démarrage avec 2,1 millions de téléspectateurs, soit 22,2% de part de marché.

Diffusé le mercredi 5 novembre, le deuxième numéro abordait la question du travail au noir. Véritable fléau pour l’État, le travail clandestin lui coûterait plus de 50 milliards d’euros de manque à gagner. Pour dénoncer ce travail illégal, trois journalistes se sont mués dans la peau de travailleurs clandestins. A l’écran, des scènes montrent des patrons peu scrupuleux faisant travailler du personnel dans des conditions déplorables pour ensuite les payer une misère. Le résultat est cependant moins probant pour le magazine qui a réuni 1,4 million de téléspectateurs, soit 14,8% de part de marché.

Le troisième numéro du mercredi 19 novembre avait pour thème, le trafic de faux papiers. Pour dénoncer celui-ci, deux journalistes ont été mis à contribution. L’un s’est infiltré dans un réseau clandestin, et le second a suivi une cellule de la gendarmerie en charge de démanteler les filières du « faux » en France. Encore une fois, l’émission soulève des questions sur un trafic devenu presque banal. Si le magazine n’a rassemblé qu’1,6 million de téléspectateurs, soit 20% de part de marché, il a une nouvelle fois pointé du doigt un problème de grande ampleur.

 Les Infiltrés, une réalité qu’on ne voit pas habituellement
 La presse people, cible et polémique des Infiltrés
 Les Infiltrés, une émission sur fond de polémique
 David Pujadas, l’infiltré du 20 heures


David Pujadas, l’infiltré du 20 heures

Passionné de l’information, l’homme fort du 20 heures de France 2 frappe un grand coup avec Les Infiltrés. Du reste, l’infiltration ne lui est pas étrangère. En effet, alors qu’il suivait une formation au Centre de Formation des journalistes à Paris, dont il est sorti en 1988, David Pujadas a dû pour un exercice s’infiltrer pendant quinze jours au sein du Front National.

Aujourd’hui, présenter une émission dont l’infiltration en est le concept l’amuse : « Je me souviens de cette période. Je l’ai vécu avec beaucoup de tensions... les nuits de collage d’affiches qui se terminent en bagarre, c’était assez spécial. Ça m’amuse de présenter vingt ans plus tard une émission sur le même thème. »

Arrivé sur France 2 en 2001, David Pujadas a débuté sa carrière en 1990 sur TF1. Il est alors chargé de mener des enquêtes pour le magazine phare de la chaîne, Le Droit de Savoir. En 1994, il rejoint la nouvelle chaîne d’information, LCI, et s’impose comme l’un des meilleurs journalistes de la rédaction.

Sur France 2, David Pujadas arrive aux commandes de la grand messe du 20 heures. Un style bien à lui, une nouvelle ligne directrice, le journaliste réussit à redynamiser le journal de la chaîne. Pourtant, un évènement va freiner sa carrière en 2004 lorsqu’il commence son journal en annonçant le retrait officiel de la vie politique d’Alain Juppé alors que ce dernier n’avait encore rien déclaré à ce sujet. Cette boulette lui vaudra deux semaines de suspensions d’antenne.

Cet incident digéré, le journaliste a repris sa route et enchaîne les très belles performances avec son 20 heures, face à sa nouvelle rivale Laurence Ferrari.

 Les Infiltrés, une réalité qu’on ne voit pas habituellement
 La presse people, cible et polémique des Infiltrés
 Les Infiltrés, une émission sur fond de polémique
 Les Infiltrés, une audience fluctuante

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