Moïse Santamaria (Un si grand soleil) : « Manu doit vendre du rêve et ne pas être trop proche de réalité »

L’Instinctif Manu Léoni intègre rapidement l’intrigue principale d’Un si grand soleil. Le capitaine de police doit résoudre un meurtre et Claire, incarnée par Mélanie Maudran, est la principale suspecte. Entre enquête et attirance pour cette mère de famille de retour en France, Moïse Santamaria est revenu pour Toutelatele sur ce nouveau rôle depuis les studios de Vendargues. Rencontre.

Publié le mardi 28 août 2018 à 18:58
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Moïse Santamaria (Un si grand soleil) : « Manu doit vendre du rêve et ne pas être trop proche de réalité »
©Philippe LE ROUX - FTV 

Benjamin Lopes : Manu Léoni tient un rôle central dès le départ de l’intrigue d’Un si grand soleil. Quelles complexités affiche ce personnage ?

Moïse Santamaria  : Je suis le flic en charge des différentes enquêtes qui vont noyauter les diverses intrigues du feuilleton. Il a la trentaine, célibataire, dur en apparence, mais il a le cœur tendre. On va le découvrir au fil des épisodes. Il s’est séparé de sa femme assez tôt. Il a une fille de onze ans qui vit loin de lui. Ça fait partie de ses blessures. Il ne connait pas les familles incriminées au départ et va les découvrir en même temps que le public.

La bible du personnage a-t-elle été suffisante pour s’imprégner de ce rôle de capitaine de police ?

La bible du personnage de Manu fait dix lignes. En général, je travaille dans l’instinct. Évidemment, j’ai été en commissariat, j’ai été m’entrainer au tir également, car j’ai des connaissances dans ces milieux. J’ai été de l’autre côté, et maintenant j’ai des amis dans la police. Mais il faut faire attention à ne pas être trop dans la réalité, car ça ne correspond pas à ce qu’on attend de nous dans les feuilletons. On veut vendre du rêve, et la réalité est bien plus plate. Les émotions sont, par exemple, beaucoup plus rentrées, secrètes. J’adopte pour ma part un jeu réservé et naturel. J’aime assez ne pas montrer les choses. Je considère que c’est beaucoup plus beau. Je préfère un personnage qui garde les larmes aux yeux qu’un personnage qui pleure. C’est mon choix de jeu.

« Le départ de Claire il y a 17 ans est lié au meurtre »

Claire sort finalement de garde à vue dans les premiers épisodes. Manu va-t-il la considérer coupable longtemps ?

Il va mener l’enquête et petit à petit il va se rendre compte qu’il y a certaines choses qui ne sont pas claires. Ça va aller plus loin, et ne va pas simplement se résumer à une histoire de meurtre. Il va y avoir des liens avec d’autres affaires bien plus anciennes, avant le départ de Claire. Une toile d’araignée va se tisser. Son départ est lié à ce meurtre.

La tension sexuelle entre Claire et Manu se dessine rapidement. Vont-ils finir par céder ?

Il va se passer beaucoup de choses. Manu est assez dur et droit au départ, à cheval sur la loi. On commence à soupçonner un œil de douceur qui se trame. Le public va découvrir un cœur tendre avec des fragilités, des faiblesses... Ça aurait été beaucoup moins intéressant, sans. Manu n’est pas noir ou blanc. Il est plein ambiguïté. Il se dévoile rapidement.

« Jouer dans un feuilleton ne faisait pas partie de mes projets artistiques »

Quel est votre parcours avec cette intégration au casting d’Un si grand soleil ?

J’ai un parcours plutôt dans le cinéma et série. Je joue dans une autre série de France Télévisons, On va s’aimer où je suis en récurrent. Au cinéma, j’ai eu la chance de jouer avec Patrick Chesnais dans La Braconne. J’ai travaillé avec Claire Denis sur Les salauds. J’étais le méchant dans la saison 5 d’Engrenages. Je n’ai donc pas du tout un parcours feuilleton et ça ne faisait pas partie de mes projets artistiques. Il s’avère que Tomas de Matteis (le producteur, ndlr) m’a bien présenté le projet.

Comment passe-t-on de rôles de malfrats à celui d’un homme qui fait respecter la loi ?

J’ai fait beaucoup de rôles de voyous quand j’ai commencé. J’ai joué des personnages dans Boulevard du Palais, RIS : Police scientifique, Alice Nevers, Candice Renoir, et maintenant je joue un flic, à l’inverse des rôles auxquels on me cantonnait au démarrage. Je viens de la banlieue et on met vite les gens dans les cases peut-être. L’unitaire La crèche des hommes a marqué un tournant. J’y joue un universitaire homosexuel qui doit faire son coming-out. C’était loin de moi et j’ai pu jouer un rôle différent. Avant tout ça, j’ai fait du slam dans le métro et je boxe depuis longtemps. Je suis arrivé dans ce métier, car on m’a dit que j’étais intéressant. On m’a amené dans un cours de théâtre et il s’est passé quelque chose. C’est là que tout a commencé.

« Je préfère travailler sur les intentions que le texte. Là on ne peut pas. Ils sont très à cheval sur les scénarios, on n’a pas le choix »

Quels changements votre participation à ce soap impliquent-ils ?

Nous tournons dix épisodes en onze jours. Sur cette période, j’ai en moyenne six à huit jours de tournage. C’est intense, mais je ne me pose pas la question de savoir si ça me plait ou non, je travaille. Je suis très peu à Paris forcément. Il fallait que les gens qui font partie de ma vie me voient un peu plus. Il y a donc un rapatriement qui s’est opéré, près des tournages, sinon on reste seul. Je rentre à Paris le week-end car j’ai d’autres projets en parallèle. Je les prévenus dès le départ, je suis quelqu’un de très libre. Mon personnage dans le feuilleton est central. Il sera là toujours là au bout des 235 épisodes commandés.

La cadence de tournage est diamétralement opposée à celle des unitaires ou des mini-séries. Comment le vivez-vous ?

C’est difficile parfois. Il arrive que l’on tourne dix séquences par jour, au bout de la huitième, on commence à être un peu sensible. Je suis un peu un chat sauvage donc ça peut devenir fatiguant. On s’entend bien, il y a une bonne ambiance, donc on fait le boulot. Je viens du milieu ouvrier et je m’entends très bien avec la technique. J’ai conscience que sur un tel projet, on est tous dans la même machine et rien ne se fait seul. Ma fatigue passe alors en dernier lieu.

La pression pour obtenir un rendu optimal à l’antenne est donc encore plus intense…

Notre principale angoisse est que le résultat soit bon, que le rendu soit crédible, car on n’a pas le temps. Il faut être fort. On découvre les textes une semaine avant. Je dois les apprendre pas cœur. J’aime beaucoup le cinéma de John Cassavetes, les débuts de Martin Scorsese, j’aime improviser. Je suis un cinéphile. Malheureusement, il y a des gens dans ce métier qui ne connaissent pas le cinéma. Je préfère travailler sur les intentions que le texte. Là on ne peut pas. Ils sont très à cheval sur les scénarios, on n’a pas le choix. J’ai appris aussi à travailler avec des coachs d’acteurs et ce n’est pas forcément évident, mais on doit faire avec.

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