Olivier Laouchez, PDG de Trace TV

82 pays, 40 millions de foyers, il n’y a pas de doute, trois ans après son lancement, la chaîne Trace TV a réussi son pari. La « première chaîne des cultures et musiques urbaines » a su trouver sa voie dans une thématique qui dénombre moult chaines de télévision. Alors que Trace TV vient de donner le coup d’envoi de sa semaine spéciale Football, Olivier Laouchez, PDG et co-fondateur de Trace, revient sur le succès de sa chaîne et les projets comme la TNT...

Publié le mardi 30 mai 2006 à 00:46
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Olivier Laouchez, PDG de Trace TV
©Trace TV 

Tony Cotte : Trace TV vient de fêter son troisième anniversaire. Quel est le bilan de la chaîne ?

Olivier Laouchez : Le bilan est globalement positif. Nous avons une vitrine dans plus de 80 pays à travers le monde. C’est une satisfaction. Nous avons été les précurseurs de la prise de conscience des mouvements R&B et Hip Hop par les chaînes musicales. Aujourd’hui on nous copie : de M6 Music black en passant par MCM et MTV. Ces derniers nous ont même demandé de leur envoyer chaque semaine notre playlist !

Tony Cotte : L’arrivée de M6 Music Black et ses scores d’audience sont-ils une menace pour vous ?

Olivier Laouchez : Nous avons une exclusivité avec CanalSat. Malgré de nombreuses sollicitations, nous ne pouvons être présents sur TPS. M6 y étant le partenaire musical de référence, c’est tout naturel qu’il y ait une offre pour combler ce vide. M6 Music Black est une chaîne d’opportunité. Nous, nous sommes fondamentales. En toute logique, lors de la fusion elle devrait disparaitre, mais je doute qu’ils aient l’intention de la tuer.

Tony Cotte : Pensez-vous possible une cohabitation ?

Olivier Laouchez : M6 est actionnaire de la future entité fusionnée. Ils vont peut-être essayer d’imposer cette vitrine sur le marché. Dans tous les cas, nous n’avons pas pour vocation à disparaitre. La France est le deuxième pays au monde à avoir le plus de chaînes musicales. Trace TV a trouvé son économie. Nous avons une véritable légitimité et une expertise. En terme de programmation, nous proposons une diversité bien plus importante que M6 Music Black.

Tony Cotte : Vous ne vous considérez pas comme une chaîne musicale. Pourtant, que ce soit sur Noos, CanalSat ou Free vous êtes classés comme tel...

Olivier Laouchez : En terme d’antenne, on voit surtout la partie musicale. A ma connaissance, nous sommes la seule à avoir une rédaction. Nous faisons des reportages tous les jours pour la France et le reste du monde. Notre budget pour la rédaction est aussi important que celui de notre programmation en matière de clips. C’est un engagement qui ne représente que 10% à l’antenne. Quand on parle de culture urbaine, la musique en est certes l’expression la plus forte, mais elle peut se traduire par la mode ou encore la danse. Nous avons voulu capter cette réalité dans notre offre éditoriale.

Tony Cotte : Votre candidature pour une fréquence TNT en Ile de France donne l’impression que vous suivez le mouvement des déclinaisons...

Olivier Laouchez : Pas du tout. Nous avons été candidats pour la TNT nationale l’an dernier. Nous n’avons pas été retenus. A mon avis, les jeux étaient joués d’avance. Pour des raisons juridico-économiques, nous ne serons pas seuls. C’est un projet où il y aura d’autres médias. Mais ce sera une chaîne différente. L’intérêt du dossier TNT, c’est que nous ne serons pas forcément dans les numérotations des musicales.


Tony Cotte : Quelles seront les particularités de cette chaîne ?

Olivier Laouchez : Proximité, diversité et interactivité seront les trois maîtres mots. Nous allons nous intérésser à cette France multi-ethnique et nous différencier des médias déjà existants. En termes d’information, d’expression et de divertissement, il y a des particularités sur cette génération.

Tony Cotte : Le côté militant de Trace TV est-il une barrière à son développement auprès des opérateurs ?

Olivier Laouchez : Dans un environnement télévisuel aussi riche, le téléspectateur a besoin de marques. A l’étranger c’est un atout. En France, il se peut que ce soit un frein mais c’est une question à poser aux opérateurs. Quand on regarde sur la TNT, W9, NRJ12 et Europe2 TV proposent à 90% la même programmation musicale. On se demande l’intérêt ! Les chaînes ont besoin d’une identité forte. MTV a des problèmes d’audience en France parce qu’ils changent trop souvent de format et de directeurs des programmes. A l’inverse, quand le téléspectateur tombe sur Trace TV, il sait très bien ce qu’il va trouver.

Tony Cotte : Après les émeutes, vous avez mobilisé votre antenne. Se positionner comme une chaîne engagée est une réelle volonté ?

Olivier Laouchez : Nous sommes engagés sur les thèmes qui intéressent notre public. Quand on a la chance de posséder une chaîne de télévision et de toucher des millions de personnes, on a pour mission d’aller au-delà du simple diffuseur de videoclips. Les jeunes aujourd’hui ont un discours et une analyse sur ce qui se passe au niveau politique en France. Ils veulent certes du divertissement mais ils ont des craintes. Manifestement, les réponses apportées par le gouvernement ne les satisfait pas. La preuve en est lorsqu’ils sont descendus en masse dans la rue contre le CPE. Nous proposons des reportages avec un éclairage très différent du prisme classique des médias français.

Tony Cotte : En 2000, Trace Mag relayait l’appel du Collectif Egalité du boycott des produits Bouygues. Trouvez-vous le discours cohérent quand, cinq plus tard, le service « Trace Mobile » fait son apparition avec Bouygues Telecom ?

Olivier Laouchez : Les choses ont évolué. Le coup de gueule du Collectif Egalité était absolument nécessaire. C’est à partir de là que les choses ont commencé à bouger et que le CSA a pris en compte l’impératif de la diversité auprès des chaînes de télévision. Si c’était à refaire aujourd’hui ce serait de la même manière. Le service « Trace Mobile » est avec Bouygues Telecom Caraïbes, la problématique est différente en Métropole. Aujourd’hui, nous sommes en cours de négociation avec différents opérateurs pour une offre à l’échelle nationale.

Tony Cotte : Il y a deux ans encore, Trace TV appartenait à 20% au groupe Lagardère. Aujourd’hui, c’est une chaîne totalement indépendante. De ce fait est-elle plus libre et autonome ?

Olivier Laouchez : On a pu voir comment les logiques de concentration et de consolidation vont à l’encontre de la liberté de la presse par exemple. Il peut y avoir une certaine alliance et des partenariats. Je comprends qu’il y ait une certaine logique de groupe mais l’indépendance est indispensable.

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