Toutelatele

Tonya Kinzinger (Un si grand soleil) : « Tout bascule pour Janet... Elle perd pied »

Par
Rédacteur - Expert TV & Audiences
Publié le 09/06/2024 à 21:09

Janet est dans une phase compliquée dans la suite de la série Un si grand soleil. La cheffe de service a avoué qu’elle a fauté avec le père Sylvio, déclenchant une série de rebondissements. Avant la suite de leur aventure dans le courant du mois de juin 2024 sur France 2, Tonya Kinzinger nous révèle les dessous de cette arche.

Emmanuel Lassabe : Dans l’intrigue actuelle de la série Un si grand soleil, Janet est brisée de découvrir que Clément l’a trompée avec Claudine. Pourquoi ne lui dit-elle pas tout de suite qu’elle a aussi fauté avec le père Sylvio ?

Tonya Kinzinger : Dans un premier temps, elle reçoit cette information comme un choc parce qu’elle ne s’y attendait absolument pas. Elle avait besoin de digérer cela et c’est vrai qu’elle est partie au quart de tour par rapport à ce qu’elle venait d’apprendre. Ensuite, elle analyse la situation dans sa globalité. Elle a beaucoup de questionnements sur le fond.

Elle se demande s’il y a peut-être quelque chose de plus essentiel à trouver face à leurs fautes, ce qui ne va pas dans leur relation. Elle a besoin de ce temps de réflexion pour prendre cette décision. Bien entendu, elle ne voit pas d’autre recours que de tout lui exposer. Elle n’avait pas envie de le blesser bêtement en lui disant cette vérité juste pour soulager sa conscience. Elle ne voulait pas briser leur couple, et elle ne pensait pas que ça valait le coup de lui faire du mal pour rien.

Clément (Yvon Back) essaie de se faire pardonner, mais Janet y semble insensible. La trahison est-elle trop dure à assumer pour Janet ?

Je pense que cela a fait écho à sa propre histoire. Elle s’était mise dans une situation où elle ne savait pas comment s’en sortir. Le téléspectateur peut penser dans une première lecture que ce n’est pas normal qu’elle réagisse comme ça parce qu’elle a fauté également. Pour Janet, cette révélation n’était pas pour mettre la balle au centre. C’est beaucoup plus grave que ça. Elle a fait une faute, elle le sait et elle essaie de l’assumer.

Elle ne veut pas blesser Clément et lui dire la vérité juste pour soulager sa conscience. Elle continue leur relation parce qu’elle l’aime avant tout. Il y a eu un moment d’égarement. Quand elle apprend la tromperie avec Claudine, tout bascule. Elle perd pied, et je pense qu’elle avait besoin de ce petit temps pour analyser, pour redescendre en pression, et se demander quelles étaient ses options réelles pour avancer.

« Janet a besoin de clairement lui faire comprendre que c’est que c’est fini »

Comment va-t-elle pardonner à Becker dans les semaines à venir ?

C’est à lui aussi de le pardonner, mais ce qui va primer au-dessus de tout, c’est comment il gère le retour du père Pavan avec beaucoup d’intégrité, beaucoup d’élégance par rapport à sa position de commissaire. Mon personnage n’aurait pas été aussi objectif dans une position professionnelle. Ce geste le fait monter dans son estime et elle le pardonne. Elle lui avoue d’ailleurs en lui révélant sa tromperie.

Janet fait ses retrouvailles avec le père Sylvio (Marcel Gonzalez). Va-t-elle revoir ses sentiments revenir au galop, après sa tromperie et rester fidèle à Becker ?

Quand elle le retrouve, il faut qu’elle arrive à dissiper toute ambiguïté. Elle sent de sa part encore une ambiguïté, cette envie de construire quelque chose. Donc, elle a besoin clairement de lui faire comprendre que c’est que c’est fini. Elle a un vrai sentiment de culpabilité envers lui, parce qu’elle a quand même laissé courir au Paraguay pour sauver son couple.

« Janet avançait très bien dans sa vie avec Clément »

Ce secret aurait-il pu éclater sans le coup de sang de Claudine (Catherine Wilkening ?

Je ne pense pas dans l’immédiat. Janet avançait très bien dans sa vie avec Clément. C’était un problème que j’avais à trouver comment mon personnage allait avouer. C’est une grosse faille de Janet parce qu’elle a quand même laissé le père Silvio partir, alors qu’elle savait très bien qu’il était suspecté d’être le tueur en série parce qu’il avait fui au Paraguay. En réalité, c’était à cause d’elle qu’il a fui et non pas parce qu’il était le Fleuriste.

Janet s’est-elle laissée persuader par Christophe (Hubert Benhamdine) au moment du départ du prêtre ?

Elle a eu quelques doutes, mais au fond d’elle elle était persuadée que Sylvio n’avait pas cette âme de fleuriste.

Cette histoire vous a impacté dans votre jugement sur l’infidélité. Avec la maturité, percevez-vous les choses différemment ?

Quand j’étais plus jeune, j’étais très jalouse et j’ai beaucoup travaillé sur ce défaut. Avec la maturité, j’ai appris à ne pas être jalouse pour rien. Il ne faut pas manquer de respect quand on aime quelqu’un. Cela n’a pas changé ma vision du couple. La fidélité est quelque chose de très important. Je trouve que là où je peux réfléchir, avec la maturité, c’est que l’on dit la vérité pour soulager sa conscience.

« Je voulais qu’elle assume cette erreur comme telle »

Cela vous a-t-il influencé pour jouer cette scène ?

J’essaie de m’inspirer de cette situation pour le jouer. Janet a un certain âge, elle a fait quelque chose de terrible, mais je ne voulais pas le jouer dans la culpabilité. Je voulais qu’elle assume cette erreur comme telle, mais qu’elle ne blesse pas son mari inutilement. Elle le dit pour faire face à la situation. Ensuite, elle veut se poser et se demander quelle est la prochaine étape pour eux et si son mariage a encore un sens.

Comment voyez-vous l’évolution de votre personnage ?

Janet et Becker vont devoir faire un travail constant pour surmonter ces vérités. Quand l’être aimé est parti ailleurs, on a des doutes, des questions. Nous en avons discuté avec Yvon Back. Les auteurs n’ont pas voulu rentrer dans les détails. Certainement que les choses vont remonter au fur et à mesure, comme dans un couple normal.

Avez-vous d’autres projets, en dehors de la série Un si grand soleil ?

J’ai plusieurs projets de théâtre. Je serais en septembre et octobre 2024 à la Tête d’Or à Lyon dans une pièce de Neil Simon avec Manuel Gélin baptisé Cinq à sept. Je travaille sur deux autres pièces pour la saison 2025/2026, notamment une avec Olivier Macé à la mise en scène, où je partagerais l’affiche avec Thierry Beccaro.